S’il y a un sujet qui démontre semaine après semaine que la science ne se fait pas en vase clos, c’est bien la climatologie. À l’Agence Science-Presse, nous jetons depuis longtemps des ponts entre science et politique dans nos actualités, mais 2017 a été particulièrement riche sur ce plan. Voici donc, d’une façon purement subjective, les cinq choix du rédacteur en chef en matière de climat et politique.

1. 40 millions de personnes déplacées temporairement entre juin et septembre dans le nord du sous-continent indien, en raison d’une saison des pluies hors de l’ordinaire. Glissements de terrain, champs submergés, routes endommagées ou pannes d’électricité. Parmi les personnes déplacées, il y en avait plus de 7 millions au Bangladesh.

2. Les vagues de chaleur meurtrières se multiplieront dans les décennies à venir selon une nouvelle étude. Et d’ici 2100, les deux tiers de la population mondiale risquent d’y être exposés, contre un tiers aujourd’hui (Définition : qu’est-ce qu’une zone invivable ?). Inutile de préciser que ces événements météo extrêmes, parce qu’ils frappent plus durement les populations les plus pauvres, accroîtront encore plus les inégalités.

3. Quels sont les modèles les plus fiables pour prédire l’évolution future du climat ? Peut-être ceux qui prédisent le pire, viennent de conclure deux experts en cycles environnementaux de l’Université Stanford.

4. La bonne nouvelle de la Banque mondiale : elle a annoncé en décembre qu’elle mettrait fin en 2019 à toute aide financière à des projets d’exploitation gazière ou pétrolière (elle a déjà fait la même chose pour le charbon). Cela s’inscrit dans une tendance qui a vu ces derniers mois le géant européen de l’assurance Axia et même le Fonds souverain norvégien (qui doit pourtant sa fortune au pétrole) faire des annonces similaires. À une plus grande échelle, cela s’inscrit dans le mouvement populaire de « désinvestissement » des carburants fossiles qui a vu des centaines de villes, d’universités et de fonds de retraite retirer des milliards de dollars de l’industrie des carburants fossiles.

5. La contre-attaque de dizaines de villes et de plusieurs États américains, dont la Californie, à la décision de Trump de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris. Un rappel que les gouvernements « régionaux » et les villes ont beaucoup plus de pouvoir qu’elles ne l’imaginent et que tous ensembles, ils pourraient compenser en partie pour l’inertie de certains de leurs gouvernements « centraux ».

 

En prime :

Une lettre signée par 15 000 scientifiques et publiée en ouverture de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques : « avertissement à l’humanité ».

Six graphiques simples sur la croissance des énergies vertes en 2017… y compris en Arabie Saoudite !