Certains ont cru pouvoir utiliser la vague de froid qui a frappé l’Est de l’Amérique du Nord comme une « preuve » contre le réchauffement climatique. Mais ils ont oublié la deuxième partie de l’équation : de telles vagues de froid… sont moins froides qu’il y a un siècle.

« C’est à présent un événement relativement rare, dans n’importe quelle région », résument cinq auteurs, associés à un groupe appelé World Weather Attribution, qui se sont livrés à une analyse rapide — et préliminaire — de ce « coup de froid ». La cause se trouve dans l’Arctique : comme toute la région s’est réchauffée beaucoup plus vite que le reste de la planète au cours des dernières décennies, les courants froids qui en descendent sont en général plus chauds — de deux degrés plus chauds, en moyenne — que ceux auxquels le Québec ou la Nouvelle-Angleterre devaient faire face au XIXe siècle. Selon leur estimation, une vague de froid « extrême », comparable à celle de cet hiver, se produisait alors une fois tous les 17 ans — alors que, si la tendance se maintient, on devrait s’attendre à n’en vivre qu’une tous les 250 ans.

World Weather Attribution est un partenariat entre quelques institutions de recherche et le média en ligne Climate Central, qui se donne pour mission « d’analyser et de communiquer » l’influence possible des changements climatiques sur les événements météorologiques extrêmes — un des sujets qui fait le plus débat par les temps qui courent.