En lice pour la conclusion la plus prévisible de la décennie : une étude des films catastrophe conclut qu’ils sont… pauvres en science.

À leur défense, ce ne sont pas que les films hollywoodiens qui sont mentionnés par ces deux chercheurs de l’Université de la Californie, mais tous les récits de catastrophes remontant jusqu’à l’Antiquité. Ils ont souvent un point commun : l’humanité est la cause de ce qui lui arrive, que ce soit une punition divine pour ses péchés ou une technologie qui a mal tourné. Mais à notre époque où on en sait plus que jamais sur la nature et le fonctionnement des écosystèmes, on s’attendrait à mieux. Or, « aucun des films de désastres environnementaux ne puise des idées dans les sciences de l’environnement ou dans l’écologie, comme la question des limites planétaires » (perte de biodiversité, d’eau potable, d’azote dans le sol, etc.). À Hollywood, du Syndrome chinois (1975) jusqu’à Wall-E (2008) en passant par Waterworld (1995), « les désastres environnementaux sont les conséquences de la faiblesse humaine, et non les conséquences de notre ignorance ou des trous béants dans nos connaissances scientifiques ». Autrement dit, notre surexploitation de la nature est un facteur connu et un thème récurrent au cinéma, mais le véritable danger, toujours sous-estimé, réside dans notre ignorance de ce que seront véritablement les impacts sur la nature.