Le fait d’avoir découvert en Inde des milliers d’outils de pierre datant d’une époque très lointaine, n’est pas seulement notable pour comprendre la préhistoire de l’Asie. Cette découverte confirme plutôt que plusieurs espèces humaines ont rapidement adopté une façon plus efficace de fabriquer des outils de pierre, peu importe qu’ils aient été en Asie, en Europe ou en Afrique.

Si on ignore encore ce qu’il en est des déplacements des premiers Homo sapiens hors d’Afrique, les idées, elles, pouvaient apparemment parcourir de longues distances. Au sujet des outils de pierre, les paléontologues divisent les méthodes de fabrication en paléolithique inférieur et paléolithique moyen : cette dernière période, dont on plaçait traditionnellement les débuts il y a quelque 300 000 ans en Afrique, est caractérisée par des outils de pierre qui coupent mieux, dentelés, des racloirs et des grattoirs, etc. Or, parmi les 7261 outils retrouvés dans cette caverne en Inde, dont l’âge s’étale de 170 à 380 000 ans, on en trouve beaucoup qui appartiennent au paléolithique moyen ; le problème étant que les dates les plus anciennes sont aussi celles où de tels outils commencent tout juste à apparaître en Afrique et en Europe. C’est aussi une époque où nos ancêtres directs n’avaient pas encore quitté l’Afrique. Les chercheurs, qui publient dans la revue Nature, y voient donc un argument comme quoi cette « culture » des outils retouchés ou dentelés aurait pu voyager de groupe en groupe, jusqu’aux Néandertaliens ou aux Dénisoviens qui, eux, peuplaient déjà à cette époque l’Europe et l’Asie.