L'effet Trump se manifeste dans un endroit inattendu : aux États-Unis, plus de 60 professionnels des sciences ou de la technologie sont actuellement candidats pour les élections de novembre prochain, ce qui représenterait un record.

Et ils pourraient être plus nombreux encore lorsque les périodes de mises en candidature seront officiellement ouvertes dans quelques mois : plus de 200 seraient en train de se préparer à annoncer leur candidature, selon l’organisme 314 Action, un comité « d’action politique » créé spécifiquement pour encourager les scientifiques à s’impliquer davantage en politique — et leur fournir une formation.

Les élections de novembre mettront en jeu les 435 sièges de la Chambre des représentants, un tiers des 100 sièges du Sénat, mais aussi une foule de postes locaux, dans chacun des 50 États.

Il reste des obstacles : certains de ces 200 candidats potentiels ont encore à être élus par le parti démocrate de leur comté avant de pouvoir prétendre être le candidat démocrate à l’élection de novembre. D’autres, rapporte le magazine Wired, qui font carrière dans les technologies de l’information, pourraient souffrir de la publicité négative qui entoure Facebook par les temps qui courent.

Reste qu’il s’agirait du plus grand nombre de scientifiques à avoir jamais annoncé en même temps leur volonté de franchir ce pas, et la présidence actuelle n’y est pas étrangère. Mais bien avant cette élection, la « guerre à la science » menée par les élus républicains de Washington était un thème récurrent — de leur déni des changements climatiques jusqu’à leurs efforts pour ternir la réputation des scientifiques — thème qui avait conduit à la création de 314 Action, en 2014.
 
Le groupe qui, en vertu des lois américaines, peut récolter des fonds pour faire de la publicité électorale, est passé de 4 000 à 400 000 membres en 2017, selon le magazine politique The Hill. Le fondateur du groupe, Shaughnessy Naughton, avait dit au magazine lors de ce bilan de fin d’année qu’il existe une « plus grande prise de conscience, parmi les scientifiques, que ce n’est pas juste le problème des autres que de devoir traiter avec ces politiciens anti-science farfelus ».


Ci-dessus : reportage de CNN sur 314 Action en juillet 2017