Il y a 252 millions d’années, avait lieu l’une des plus grandes extinctions de masse de l’histoire de notre planète. Étrangement, elle pourrait avoir été précédée d’une… stérilisation de masse.

L’hypothèse la plus solide pour expliquer « l’extinction Permien-Trias » est pour l’instant celle d’une série de super-éruptions volcaniques — ou une série de cycles volcaniques étalés sur des siècles — qui ont suffisamment obscurci le ciel et diminué la température pour éliminer quantité d’espèces de plantes et d’animaux. Mais les géologues sont confrontés depuis 10 ans à une énigme : un grand nombre de fossiles de pollens de cette époque sont déformés ou incomplètement développés. Certains suggèrent que l’activité volcanique aurait pu envoyer dans l’atmosphère quantité de substances chimiques capables de détruire la couche d’ozone : si la couche d’ozone est détruite, ça signifie que davantage de rayons ultraviolets atteignent la surface et altèrent l’ADN des êtres vivants.

Pour certains biologistes, une telle altération des gènes signifie la mort à brève échéance de ces formes de vie. Pour d’autres, ça ne les tue pas, mais ça les rend stériles. C’est ce qu’a voulu tester une équipe de l’Université de Californie en exposant des conifères nains pendant 56 jours à des doses élevées de rayons UV-B. Résultat : les arbres ne sont pas morts, mais ont effectivement produit du pollen et des cônes de graines malformés et stériles. En fait, si cette hypothèse s’avérait exacte, même un impact qui aurait été limité aux plantes aurait pu suffire à provoquer une extinction massive : au bout d’un certain temps, les forêts seraient mortes de vieillesse, entraînant dans leur chute de larges pans de l’écosystème terrestre.