Dans la série « la coupe budgétaire en science la plus orientée politiquement »: un satellite de la NASA qui travaille depuis trois ans dans l’attente de son successeur pourrait se retrouver sans successeur.

Appelé Orbiting Carbon Observatory (OCO), il a pour mission de suivre à la trace le niveau de CO2 dans l’atmosphère d’une saison à l’autre, un sujet guère populaire pour quiconque nie les changements climatiques. En récoltant plus d’un million de données par jour, OCO permet de mesurer avec plus de précision que jamais les variations du cycle du carbone généré par les êtres vivants, et par nos activités. Du coup, il peut comparer les apports des uns et des autres et réduire la marge d’incertitude sur ce qui nous attend, si nous continuons d’émettre des gaz à effet de serre au même rythme. Or, l’incertitude est justement l’argument de choix des climatosceptiques : parce que des marges d’erreur subsistent en climatologie sur le rythme d’absorption du carbone — par les océans, la végétation, en fonction des saisons —, ils allèguent qu’il est trop tôt pour agir.

Le problème est que pour réduire ces incertitudes, il faut accumuler des données pendant suffisamment d’années, ce que devait permettre le second OCO… lequel ne verra toutefois jamais le jour si les coupes budgétaires annoncées cette semaine se concrétisent.

Il s’agit du projet de budget fédéral 2019, déposé lundi au Congrès par la Maison-Blanche. Les experts s’entendent certes pour dire qu’il y a peu de chances pour que la majorité des coupes proposées — dans l’espace, mais aussi en environnement — soient adoptées, d’autant plus que la semaine précédente, les deux partis à Washington ont voté une augmentation du financement de l’État fédéral pour deux ans. Mais les propositions de la Maison-Blanche en science sont révélatrices du peu de place qu’occupe la recherche scientifique dans ses priorités, tout particulièrement la recherche autour du climat et de l’environnement.