À quoi ressemblerait une méga-éruption volcanique ? La dernière, en 1815, avait tué des dizaines de milliers de personnes en Indonésie et provoqué « une année sans été » en Europe et en Amérique du Nord. On ignore à quels intervalles de tels événements se produisent — le précédent était vieux de quelques siècles —, mais surtout, on n’a aucune idée des conséquences, dans le monde interconnecté d’aujourd’hui.

Un événement comme celui de 1815 est appelé une éruption de niveau 7 ou 8 — en référence à l’indice d’explosivité volcanique (en anglais, VEI) qui va jusqu’à huit. À ne pas confondre avec « supervolcan » qui est utilisé dans le langage courant, mais ne correspond à aucune définition précise. En comparaison, l’éruption du mont Saint-Helens, dans l’État de Washington, qui avait tué 57 personnes en 1980 et fait retomber des cendres sur la moitié des États-Unis, était un VEI de niveau 5, et celle du mont Pinatubo aux Philippines, qui avait tué près de 1000 personnes en 1991, était un VEI de niveau 6. On attribue néanmoins à cette dernière éruption une baisse moyenne de la température planétaire de 0,6 degré Celsius pendant deux à trois ans.

Deux volcanologues — Christopher Newhall et Stephen Self — et un climatologue — Alan Robock — viennent de publier une estimation des impacts d’une éruption de niveau 7. Newhall et Self sont les créateurs, en 1982, de l’échelle VEI. « Le prochain VEI-7 affecterait un monde très différent », écrivent-ils. En plus des populations à risque, des voyages en avion annulés et des GPS perturbés, « des éruptions en certains endroits pourraient déstabiliser des centres financiers, des économies nationales et même la paix entre des nations. »

Les volcanologues s’entendent pour dire qu’avant celle de 1815, la précédente d’une ampleur comparable remontait à 1257 : on doit à cette éruption du mont Rinjani, également en Indonésie, des perturbations climatiques qui se sont étendues sur des années ; au point où ce que les historiens appellent le « petit âge glaciaire » qui a frappé l’Europe à la fin du Moyen âge, pourrait avoir été amplifié par cette éruption.