Le report du lancement du télescope spatial James-Webb n’est pas seulement un coup dur pour la communauté des astronomes qui avait déjà réservé du temps d’observation. L’impact signifie un allongement des coûts, qui se répercutera sur les missions suivantes.

C’est donc en mai 2020, plutôt qu’en juin 2019, que James-Webb — le successeur du télescope spatial Hubble — sera mis en orbite, a annoncé la NASA mardi. La préoccupation des gestionnaires, cette semaine, était d’abord l’escalade des coûts totaux de construction — qui, de 7,3 milliards $, pourraient dépasser les 8 milliards. Mais la préoccupation des astronomes, elle, était ailleurs : le financement du prochain gros projet, le Wide-Field Infrared Survey Telescope (WFIRST), était censé profiter de la fin de James-Webb ; à présent, le WFIRST pourrait ne pas seulement être retardé, mais annulé, tant le financement scientifique sous l’ère Trump semble devenu aléatoire. Et le retard du WFIRST repousse à son tour les décisions à prendre sur les priorités de la décennie 2020.

Cela dit, ce n’est pas une première pour James-Webb : il avait été menacé de disparaître après plusieurs reports qui, avant 2011, avaient eux aussi gonflé la facture et fait douter de la capacité des différentes équipes à le mener à bien. Depuis quelques années, c’est à peu près la moitié du budget d’astrophysique de la NASA qui est grugée par ce projet. Il faut rappeler que James-Webb sera non seulement le plus gros télescope spatial de l’histoire, mais aussi un des instruments les plus complexes jamais construits. Au contraire d’Hubble qui était conçu pour voir la lumière visible, James-Webb regardera l’Univers dans l’infrarouge seule façon de voir directement les étoiles et les galaxies les plus anciennes. Qui plus est, il opérera non pas sur une orbite terrestre rapprochée, mais à 1,5 million de kilomètres, soit hors de portée d’une éventuelle mission de réparation.