Pour la troisième année d’affilée, la célébration française du Jour de la Terre sera gérée depuis le Québec. Alors que plus de 230 activités sont déjà prévues à Montréal, Québec et dans toute la province, l’enthousiasme semble moins palpable de l’autre côté de l’Atlantique.

Moins de 100 évènements sont planifiés dans l’Hexagone, selon le calendrier en ligne consulté jeudi. « C’est notre premier gros Jour de la Terre en France », s’enthousiasme pourtant Émilie Chiasson, la responsable des communications de l’organisation… québécoise. Car oui, ce sont bien les équipes du Québec qui gèrent les festivités françaises.

Le premier, « Earth Day » avait eu lieu aux États-Unis en 1970. Plusieurs millions de personnes étaient descendues dans les rues le 22 avril, en réaction à la marée noire de Santa Barbara, au large de la Californie. En 1990, le mouvement « Earth Day » s’internationalise : le 22 avril est célébré cette année-là en France et au Canada. Le Québec entre dans la danse en 1995, et en 2009, l’ONU déclare le 22 avril « Journée internationale de la Terre nourricière ». Sur son site, l’organisation internationale renvoie vers earthday.org, le site américain.

En France, une association organise des évènements jusqu’au début des années 2000, puis disparaît sans suite. « On s’est rendu compte que le Jour de la Terre n’était plus connu », explique Émilie Chiasson. En 2015, l’organisation québécoise décide de reprendre le flambeau outre-Atlantique.

« Jour de la Terre » est devenu une marque protégée commercialement des deux côtés de l’océan, afin « d’éviter l’écoblanchiment » selon Émilie Chiasson. Dans le reste du Canada, c’est la même chose pour « Earth Day ». « On ne veut pas que ce soit utilisé à mauvais escient, on a une idée assez précise de ce qu’est une action utile », justifie la responsable des communications. Pourtant, l’organisme attire aussi des critiques : au Québec, certains voient dans Earth Day Canada un « site de magasinage où l’on invite les visiteurs à afficher leurs convictions écologiques en consommant des affiches en papier ainsi que des t-shirts importés à 14,99 $ » et regrettent l’absence de débats politiques. Jour de la Terre se finance, lui aussi, par la vente de t-shirts.

Une célébration parmi d’autres

Pas de quoi entacher la motivation des équipes québécoises pour relancer le 22 avril en France. Et il y a du chemin à faire : sur les sites des grandes organisations environnementales françaises, on ne trouve aucune mention de l’évènement. « On n’est pas mobilisé sur cette journée », confirme le service presse de France Nature Environnement. Le site du ministère de la Transition écologique et solidaire ne communique pas outre-mesure non plus. La page dédiée au 22 avril 2017, toujours active, renvoie au site de l’ONU et non à celui de l’association franco-québécoise.

« Il n’y a personne d’autre que nous », confirme Anne-Claire Jaquet, chargée du développement du Jour de la Terre en France pour le compte de l’association québécoise. Le petit nombre d’activités planifiées pourrait être une conséquence de la multiplicité des évènements dédiés à l’écologie, tout au long de l’année : « Earth Hour » (mars), Semaine pour les alternatives aux pesticides (mars), Semaine européenne de réduction des déchets (novembre) et surtout la Semaine européenne du développement durable, organisée cette année du 20 mai au 5 juin sur le thème « Villes et territoires de demain ». Cet évènement est plus fédérateur en France avec quelque 300 événements d’ores et déjà prévus dans l’Hexagone et près de 900 à l’échelle européenne.