En Californie, l’arrestation le 26 avril d’un tueur en série a attiré l’attention pour deux raisons : d’une part, il s’agissait de crimes commis dans les années 1970 et 1980. D’autre part, cet homme a été trahi par de l’ADN trouvé par la police dans une base de données destinée à la généalogie. Une façon inédite de reposer la question de l’usage de nos données… et de rappeler que d’autres y ont pensé avant.

Dans ce cas-ci, les policiers avaient, depuis les années 1980, un échantillon de l’ADN du criminel, mais n’étaient jamais parvenus à l’identifier. D’après les quelques rares informations qui ont filtré depuis le 26 avril, ce serait en téléchargeant les données d’un de ces sites de généalogie en accès libre, GEDmatch, qui permet à quiconque a fait séquencer son génome de le comparer à celui des autres clients, que les enquêteurs auraient trouvé un proche parent de leur suspect.

 

Si les amateurs de généalogie débattent depuis l’arrestation de l’éthique de la chose, il faut rappeler qu’il y a eu des précédents. Après l’assassinat de la politicienne suédoise Anna Lindh en 2003, les policiers ont obtenu l’accès à une biobanque nationale destinée à la recherche. Une demande similaire en Norvège, en 2006, avait été refusée par la Cour suprême de ce pays. Quant au problème des compagnies privées, ils avaient déjà été anticipés, puisque deux chercheures qui, en 2016, avaient examiné les règlements des différentes firmes recueillant et comparant de l’ADN, avaient conclu que leurs formulations étaient trop vagues quant à la façon dont ces données pouvaient être utilisées… ou réutilisées.