Quelque part dans le monde, quelqu’un continue-t-il de vendre un gaz réfrigérant appelé CFC-11, un chlorofluorocarbone dont la production est censée avoir complètement cessé depuis au moins 10 ans ? Le CFC-11, interdit en raison de son impact dévastateur sur la couche d’ozone, apparaît sur les instruments de mesure de l’atmosphère, dans une quantité supérieure à ce à quoi on s’attendrait d’un produit en voie de disparition.

Il n’est pas anormal qu’il en reste des traces dans l’atmosphère : bien qu’interdit de vente, de petites quantités continuent de s’échapper chaque année d’équipements de cuisine vétustes ou d’édifices démolis qui en avaient dans leur isolation. Par ailleurs, c’est un gaz qui a une durée de vie de 50 ans. Mais ce qui est anormal, c’est que depuis 2013, les quantités mesurées montrent que, bien que le déclin se poursuive, ce déclin a néanmoins ralenti de 50 %, comme si une nouvelle « source » était apparue. Selon une étude parue le 16 mai dans Nature, cette source serait en Asie : les plus fortes concentrations ont été mesurées par un détecteur situé à Hawaï. En revanche, selon une seconde analyse, ces nouvelles quantités pourraient être le fruit non pas de nouvelles production, mais de recyclage d’anciens frigos jetés aux rebuts en Chine.

L’abolition des CFC est le résultat de la première entente internationale majeure à caractère environnemental, appelée le Protocole de Montréal. Signée en 1987, cette entente avait pour but de réagir aux dégâts causés à la couche d’ozone par les chlorofluorocarbones, des gaz à effet de serre, utilisés comme réfrigérants. Si l’existence de sources « pirates » de CFC-11 se confirmait, cela pourrait suffire à retarder le rétablissement de la couche d’ozone — qui nous protège des rayons ultraviolets mortels du Soleil — elle qui mettait déjà plus de temps à se rétablir que ce qui avait été imaginé en 1987.