D’un côté, on commence à avoir une idée des différences génétiques entre un Néandertalien et nous. De l’autre, on commence à être capable de faire « pousser » en laboratoire des groupes de neurones imitant un minuscule fragment du cerveau. Qu’arriverait-il si on alliait les deux ?

C’est ce que prévoit expérimenter, dans les prochains mois, une équipe de l’Institut Max-Planck d’anthropologie de l’évolution, en Allemagne — ce même institut qui figure parmi les chefs de file du décodage de génomes préhistoriques. L’idée étant d’injecter dans ces neurones des gènes néandertaliens, afin d’observer s’ils se développeront différemment.

Bien que certains décrivent ces expériences comme des « mini-cerveaux », il s’agit plutôt d’amas de cellules souches qui n’ont aucune chance d’évoluer vers quelque chose de viable : les biologistes préfèrent le terme « organoïde cérébral » et les plus optimistes croient qu’ils permettront de découvrir des clefs sur les origines de l’autisme ou de maladies comme la schizophrénie. Dans la même logique, l’équipe dirigée par le généticien Svante Pääbo espère découvrir des clefs sur ce qui distingue la biologie de notre cerveau de celle du Néandertalien, un cousin dont les découvertes de la dernière décennie ont révélé qu’il était pas mal plus près de nous que ce qu’on avait imaginé.

Il n’est pas certain que les différences qui ont mené à notre domination du monde et au déclin des Néandertaliens soient liées aux capacités cognitives des uns et des autres. Mais il est tentant de le croire, reconnaît Pääbo en entrevue au Guardian.

Cette croissance des cellules en éprouvette ne peut pas conduire à un véritable cerveau, mais elle présente des similitudes avec la façon dont se forment progressivement les différentes régions du cerveau de l’embryon. Et avec ces similitudes viennent des questions éthiques : à quel moment a-t-on davantage qu’un simple amas de cellules et quelque chose qui peut ressentir de la douleur ?