Une bactérie « terrienne » pourrait-elle survivre à un voyage vers Mars ? Il y a des décennies que les ingénieurs prennent d’immenses mesures de protection pour stériliser leurs sondes spatiales, tout en se doutant qu’une stérilisation à 100 % est virtuellement impossible. Voilà qu’une nouvelle étude révèle que des bactéries peuvent effectivement survivre… en se nourrissant des produits de nettoyage.

On savait que la bactérie Acinetobacter, qu’on retrouve typiquement dans nos sols et dans l’eau, pouvait donner naissance à des souches particulièrement résistantes. On en avait ramassé des échantillons sur le plancher du laboratoire stérile où était assemblée la sonde Mars Phoenix, et jusque dans la station spatiale, sans qu’on ne comprenne comment elle avait pu survivre dans ces environnements qui sont non seulement sans eau et sans nutriments, mais qui, dans le cas de la salle d’assemblage, sont régulièrement lavés par des solvants à base d’alcool. Or, c’est justement ce dernier facteur auquel s’accroche Acinetobacter radioresistens : selon une équipe de l’Université Polytechnique de Californie, elle peut survivre à un traitement de peroxyde d’hydrogène, l’élément chimique utilisé dans la plupart des détergents et désinfectants.

Il ne s’agit pas pour autant d’une souche de bactérie dangereuse pour la santé : il s’agit juste, notent les chercheurs, d’une illustration de l’extrême résistance dont est capable la vie sur Terre — et peut-être, au-delà de la Terre.