En médecine, accélérer le processus pour approuver un traitement encore expérimental est rarement une bonne idée. C’est la mise en garde que plusieurs servent actuellement à l’Université d’Osaka, au Japon, qui a obtenu en mai l’autorisation de faire sauter les étapes à un traitement contre les maladies cardiaques impliquant des cellules souches.

Il s’agit d’une « voie rapide » que le pays avait mise en place en 2014, spécifiquement pour des thérapies régénératives jugées prometteuses : celles-ci peuvent désormais être utilisées par les hôpitaux en autant qu’elles aient été démontrées « sécuritaires ». Il suffit de « suggérer » qu’elles sont efficaces — ce qui peut s’avérer pas mal plus facile que de le « démontrer ».

Le traitement dont il est question ici est l’oeuvre du chirurgien cardiaque Yoshiki Sawa. Personne ne suggère toutefois qu’il y ait malversation : c’est plutôt que la « voie rapide » implique des risques, prévenait la revue Nature dès 2015. Et le fait que tout ceci concerne les cellules souches n’est pas étranger aux appels à la prudence : depuis plus de 20 ans, ce domaine a eu plus que sa part d’échecs et d’espoirs déçus. En l’occurrence, réitère cette semaine la revue britannique en éditorial, des médecins japonais vont vendre à des patients des traitements dont l’efficacité reste incertaine, sans possibilité de remboursement si ça ne fonctionne pas — et avec le niveau de risque inhérent à tout traitement qui est passé par une « voie rapide ».

Le traitement consiste à prendre des « cellules souches pluripotentes induites » et à les programmer pour qu’elles se transforment en cellules cardiaques — pour des patients dont le muscle cardiaque est en phase de dégénérescence. Ce serait seulement la deuxième fois dans le monde qu’un traitement aux cellules pluripotentes induites atteint le stade d’un traitement autorisé sur des patients et la première fois, qui émanait également de Yoshiki Sawa en 2015, n’a pas encore produit de résultats convaincants.