Règle d’or de la science : une étude unique n’est jamais suffisante. Il faut toujours tenter d’avoir une deuxième étude, voire une troisième, pour confirmer une découverte, spécialement une découverte susceptible de bouleverser les connaissances acquises. Mais parfois, ça pose de menus problèmes: ainsi, comment sera-t-il possible de confirmer si des scientifiques viennent bel et bien de découvrir de l’eau sur Mars ?

Ce sont des observations radar réalisées depuis l’orbite entre 2012 et 2015 par la sonde européenne Mars Express qui ont permis à une équipe italienne de conclure à l’existence d’un « lac » souterrain — à environ un kilomètre et demi sous la surface du Pôle Sud — d’environ 20 km de long. Les résultats sont parus mercredi dans la revue américaine Science. Une découverte qui, si elle se confirme, mettrait fin à un débat vieux de plus d’un siècle, en plus d’ouvrir toute grande la porte à la possibilité de vie là-dessous — mais sans le garantir non plus: ce lac pourrait tout aussi bien se révéler trop chargé en sel et en minéraux pour être propice à la vie. Par ailleurs, s’il se confirme qu’il y a un lac souterrain, il y en a fort probablement d’autres.

Sauf qu’il n’existe pas d’autres engins en orbite autour de la planète rouge qui puissent actuellement confirmer ou infirmer cela: la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter est bien dotée d’un radar appelé SHARAD (Shallow Radar), mais celui-ci n’est pas, en théorie, capable de « regarder » avec une telle précision aussi loin sous la surface. Il n'est pas clair si les projets en vue en seraient capables.

Il faut rappeler que la présence d’eau gelée sur Mars ne fait plus débat depuis longtemps. C’est la possibilité que de grandes quantités d’eau puissent demeurer à l’état liquide suffisamment longtemps — davantage que pendant quelques journées d'été — qui a donné lieu à de multiples faux espoirs, au gré des sondes spatiales qui ont étudié cette planète aux températures glaciales. Le débat est loin d'être terminé.