Certains des trolls russes qui sont intervenus dans la campagne électorale américaine de 2016 ont aussi publié des messages sur la vaccination. Mais leur but n’était manifestement pas de faire pencher la balance pour ou contre les vaccins : leur seule intention était de « hausser le niveau d’hostilité ».

C’est du moins ce que conclut une étude qui, parue jeudi, a recensé 899 tweets sur ce sujet émanant des comptes identifiés l’an dernier comme « suspects » — sur un total de 1,8 million de tweets publiés entre juillet 2014 et septembre 2017. Si des messages tels que...

Don’t get #vaccines. Illuminati are behind it.

ont frappé l’imagination depuis la parution de cette étude, la conclusion des chercheurs, elle, ramène en terrain familier. « Hausser le niveau d’hostilité », entretenir la confusion, empêcher un débat rationnel : ce sont en effet là des stratégies familières à ceux qui ont étudié l’histoire récente de la désinformation, depuis l’époque de la guerre du tabac.

L’objectif n’est jamais de convaincre le public de la justesse des arguments : les lobbyistes du tabac, par exemple, n’essayaient pas de convaincre le public que le tabac était bon pour la santé. Semer le doute (par exemple, créer l’illusion que le pour et le contre sont deux opinions d’égale valeur) et détourner l’attention des faits suffit largement au désinformateur pour atteindre son but.