Vous n’avez probablement jamais vu d'Ara de Spix, et vous n’en verrez plus jamais. Il est l’une des huit espèces d’oiseaux officiellement décrétées éteintes cette année.

Dans un texte qui vient de paraître dans la revue Biological Conservation, six biologistes de l’Université Cambridge expliquent avoir testé six méthodes différentes pour confirmer le statut attribué à 61 espèces d’oiseaux par la Red List — la classification des espèces en voie de disparition. Ces chercheurs en concluent que huit de ces espèces doivent à présent être déplacées dans la catégorie « probablement éteintes ».

Cinq d’entre elles vivaient en Amérique du Sud — comme l'Ara de Spix, un proche du perroquet, originaire du Brésil — et leur sort est attribuable à la déforestation — un phénomène qui risque de s’accélérer parce que jusqu’à maintenant, la majorité des espèces passées dans cette catégorie vivaient sur des îles. La Red List recense 26 000 espèces animales dont les statuts oscillent entre « menacée » et « en voie de disparition ».

Une telle reclassification est un lent processus : ce n’est pas du jour au lendemain qu’une espèce peut être décrétée éteinte ; il faut des années passées sans observations au sujet d’une espèce que l’on jugeait déjà à haut risque.