À en croire plusieurs médias francophones en fin de semaine, une nouvelle étude aurait établi que les femmes qui prennent un contraceptif hormonal « ont 20 % de risque en plus de développer un cancer du sein ». Le problème est qu’il manquait une information importante dans cette phrase. Voici donc l’astuce du Détecteur de rumeurs. Quand vous voyez un pourcentage, posez-vous toujours la question suivante : 20 % de quoi ?


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En l’occurrence, l’étude, parue la semaine dernière dans le New England Journal of Medicine, dit que pour chaque groupe de 100 000 femmes prenant la pilule pendant un an, le nombre de cancers du sein passera de… 55 à 68. Soit 13 cas de plus par année (ou plus de 20 %).

Dit autrement : cela signifie un cas supplémentaire de cancer du sein par 7700 femmes par année. Et c’est une moyenne : le risque est plus bas chez les moins de 35 ans, et il augmente chez les femmes qui ont utilisé un contraceptif hormonal pendant plus de 10 ans.

En langage savant, c’est la différence entre le « risque relatif » (20 % de quelque chose) et le « risque absolu » (13 femmes de plus).

Ce qui particularise cette recherche, c’est d’avoir comparé, sur 1,8 million de femmes au Danemark pendant 10 ans, les effets de la pilule avec ceux d’autres contraceptifs hormonaux. Mais le lien avec le cancer, lui, n’est pas une découverte : il est déjà connu et il est « très faible », comme le Détecteur de rumeurs l’avait résumé en octobre. La décision de prendre ou pas la pilule fait partie de ces décisions qu’il faut soupeser à la lumière des avantages et des inconvénients, recommandent les médecins.