(Agence Science-Presse) - Le conflit israélo-palestinien n'empêche pas des scientifiques des deux côtés du mur de continuer à collaborer. En fait, il existe même une Organisation scientifique israélo-palestinienne (IPSO) dont le codirecteur, l'Israélien Dan Bitan, affirme qu'elle est un élément essentiel pour un éventuel processus de paix.
Fondée en 2004 par Sari Nusseibeh, recteur de lUniversité Al-Quds à Jérusalem, et par Menahem Yaari, recteur de lAcadémie israélienne de sciences et humanités, l'IPSO reçoit un soutien de lUNESCO et consacre 70% de son budget à la partie palestinienne et 30% aux projets israéliens.
Interrogé par la journaliste Nadia El-Awady de lagence SciDev, Dan Bita admet toutefois que la complexité du problème dépasse les frontières régionales.
Il mentionne que beaucoup de donateurs aux États-Unis manifestent une bonne dose dexaspération lorsquils constatent que la paix semble être toujours aussi loin.
Du côté ouest de la clôturée Naplouse, le Palestinien Hikmat Hilal, professeur de chimie inorganique à lUniversité An-Najah, rappelle qu'il a dû donner cette réponse à une université israélienne qui linvitait à donner une conférence : " comment puis-je donner un cours dans votre université si je suis empêché daller jusquà la mienne et je dois attendre plus de deux heures sous un soleil brûlant pour y rentrer? " À ses yeux, les scientifiques israéliens nont pas encore démontré quils sopposent à ce genre de situation. Même point de vue chez la sociologue palestinienne Lisa Taraki, de lUniversité Birzeit, pour qui ce type de coopération scientifique normalise loppression. " Les universités et les centres de recherche ne font pas exception aux institutions qui composent les structures de domination et de contrôle ", tranche-t-elle.
Plus dun million et demi de dollars US est maintenant utilisé dans le cadre de projets de recherche israélo-palestiniens. IPSO met actuellement sur pied un laboratoire de nanotechnologie à lUniversité Al-Quds.