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Le 15 avril 2005



Les jeux de hasard chez l'adolescent: dépendance ou sport extrême?

(Agence Science-Presse) - Les adolescents joueurs pathologiques sont moins nombreux que le laissent croire des tests de dépistage qui sont plutôt conçus pour des adultes.

" Des études américaines concluent qu’il y a jusqu’à quatre fois plus de joueurs pathologiques chez les adolescents que parmi les adultes. Certains de nos collègues de McGill suggèrent même que ce problème touche jusqu’à 12 % des jeunes. Nos recherches démontrent que ces chiffres sont nettement exagérés ", affirme Robert Ladouceur de l'Université Laval. En compagnie de deux autres chercheurs en psychologie, Amélie Pelletier, elle aussi de l’Université Laval, et Alexander Blaszcynski, de l’Université australienne des Nouvelles-Galles du Sud, M. Ladouceur a réalisé une étude auprès de 265 écoliers de la région de Québec. Celle-ci est parue dans le Journal of Child & Adolescent Substance Abuse.

Le test qu'ils ont employé, le DSM-IV-J de Fisher, est un questionnaire adapté aux adolescents. Il comporte neuf énoncés permettant de décrire le rapport qu’une personne entretient avec le jeu comme " Au cours de l’année qui vient de s’écouler, combien de fois avez-vous pensé au jeu ou planifié de jouer? ". Seulement sept des adolescents qui ont rempli le questionnaire présentaient le profil d’un joueur pathologique.

Parmi eux, un seul admettait éprouver des problèmes liés aux jeux de hasard sans avoir demandé de l’aide pour autant. L’étude révèle en effet que les adolescents ne considèrent pas le jeu comme une source de problèmes. Contrairement à l’adulte, chez qui l’appât du gain et l’espoir de récupérer ses pertes jouent un rôle majeur dans le développement d’un comportement pathologique, les jeux de hasard chez l’adolescent constituent plutôt une prise de risque, typique de cette période de la vie.

Les jeux de hasard, à l’exemple des sports extrêmes, seraient donc à ranger au rayon des rites de passage à la vie adulte.

Selon les chercheurs, les adolescents ne croient pas que les jeux de hasard puissent être néfastes parce que la plupart n’assument pas encore de véritables responsabilités. Ainsi, le fait de perdre de l’argent dans des jeux de hasard peut être désagréable, mais n’entraîne pas de graves conséquences.

"Un organisme comme Tel-Aide ne reçoit chaque année que quelques rares appels d’adolescents aux prises avec des problèmes de jeu. Si le problème était aussi grave que certains le prétendent, on peut présumer, en toute logique, que les appels afflueraient ", fait remarquer M. Ladouceur.

Devant ces résultats, les chercheurs s’interrogent sur la pertinence de consacrer autant d’efforts au traitement du jeu pathologique chez les jeunes. Il serait préférable selon eux de développer des stratégies d’intervention axées sur la prévention.

Marc Ouellet

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