Festival de films de Portneuf sur
l'environnement
Saint-Casimir, village global
(ASP) - St-Casimir est un village de 1575
âmes, du comté de Portneuf, à l'ouest
de Québec. À défaut de smog, il n'en
vit pas moins à lheure des soucis environnementaux
planétaires. Au point où un groupe de personnes
de divers horizons, réuni autour du cinéaste
Léo Denis Carpentier, a imaginé dorganiser
un festival de films sur lenvironnement.
Là comme ailleurs, et peut-être
un peu plus souvent quailleurs, on sinquiète
de la pollution de leau, notamment par les engrais
et les pesticides ; on sinterroge sérieusement
sur les moyens denrayer la croissance des émissions
de gaz à effet de serre ; on recycle les matériaux.
Grâce au concours de dizaines de bénévoles,
le rêve d'un festival sest matérialisé
en succès en avril. Mais la projection de documentaires
engagés et de films de fiction ainsi que la visite
de vedettes de nos écrans ne sont pas seules en
cause. Le Festival de films de Portneuf sur lenvironnement
(FFPE) a aussi été loccasion dateliers,
ouverts à tous les publics, sur la manipulation
de caméra, le montage vidéo, et même
le vermicompostage, un procédé permettant
de transformer la plupart des déchets organiques,
dont le papier, en compost, grâce aux voraces vers
de terre Esenia foetida. Cest aussi à la
faveur du FFPE que des élèves décoles
secondaires de St-Marc-des-Carrières et de Québec,
simulant divers rôles sociaux, ont pu se prendre
au jeu de la gestion collective des eaux dun bassin
hydrographique, celui de la rivière Ste-Anne, qui
traverse le comté de Portneuf.
Bref, au-delà dune invitation
à venir " aux vues ", le festival a été
pour le participant une chance de développer son
savoir-agir technique et civique.
Dans Les Voleurs deau, court
métrage gratifié du Grand prix du festival,
le réalisateur Sébastien Élias a
servi une saisissante parabole du surcroît de violence
qui attend notre société si elle nimpose
pas tout de suite quelques contraintes à son mode
de vie prédateur.
Dans Requiem, film danimation
de 50 secondes réalisé au printemps dernier
par François Mercier et Martine Asselin, qui a
également reçu un prix, létablissement
dun lien entre la guerre à létranger
et notre consommation quotidienne se dispense de sous-titres.
Et dans lamer témoignage de
ces mineurs du cuivre, à qui Martin Frigon et Christian
M. Fournier ont donné la parole dans Make money,
Salut, Bonsoir!, un autre film primé,
les ouvrières du contreplaqué du comté
de Portneuf et le public en général ne pouvaient
manquer de reconnaître ces déplaisantes réalités
de l'épuisement des richesses naturelles et du
travail qui tue mais auquel on saccroche.
Hors concours, le festival sest aussi
voulu une chance offerte aux cinéphiles de voir
ou de revoir des documentaires tels que notamment Rivières
dargent, de Michel Gauthier, ou Menace sur
le toit du monde, dAlain Belhumeur.
Enfin, profitant du FFPE à St-Casimir,
quelques vidéastes de Québec et de Montréal
y sont débarqués, le temps dy tourner,
monter et montrer quelques courts films, lors dun
" kino-cabaret ". De ces films, bâtis
dans la fébrilité et la fraternité,
émane parfois la lumineuse poésie dun
Chaplin ou dun McLaren, mais ce nest pas la
norme: à Berlin ou Moscou comme à St-Caz,
il importe sans doute moins aux " kinoïtes "
dimpressionner les purs spectateurs que de communier
dans des gestes créateurs simultanés. En
létat actuel de la technologie, moyennant
4000 dollars dappareils et de logiciels, des millions
de Terriens peuvent désormais se permettre délaborer
leur propre cinéma, ce qui annonce peut-être
une popularisation inédite du 7e
art.