Les neurosciences québécoises
passées au peigne fin
(Agence Science-Presse) - Si les neurosciences
représentent pour Monsieur et Madame tout-le-monde
un concept aussi abstrait que les chimpanzés rhésus,
il faut savoir quau Québec, cette spécialité
représente un fleuron: plus de 300 chercheurs dont
les performances surclassent celles de leurs collègues
en santé, des subventions dont les proportions
excèdent le poids démographique du Québec
et un nombre élevé de publications co-signées
par des collaborateurs internationaux.
Le domaine affiche une performance scientifique
et financière supérieure aux nanotechnologies
et à la bioinformatique.
Si le portrait semble reluisant, le Conseil
de la science et de la technologie du Québec veut
jeter un regard critique sur ses forces et ses faiblesses,
tout en proposant des solutions pour lavenir. Dans
cette perspective, une étude a été
déposée en avril, "pouvant servir doutil
de référence et éclairer ceux qui
auront pour tâche au cours des prochaines années
dorienter la recherche et linnovation".
Les neurosciences sintéressent
particulièrement au fonctionnement du cerveau et
du système nerveux. Les percées scientifiques
visent à diagnostiquer et à trouver des
traitements efficaces contre une pléthore de maladies,
de lAlzheimer au Parkinson en passant par les migraines,
la schizophrénie et les troubles du sommeil.
Le Canada se positionne avantageusement
sur la scène mondiale, surtout grâce à
lOntario et au Québec. LInstitut neurologique
de Montréal, crée en 1934 par le Dr Wilder
Penfield et considéré comme le berceau des
neurosciences au Canada, ny est pas étranger.
Le financement des neurosciences au Québec représentait
400 millions $ entre 1999 et 2003, répartis dans
la dizaine de centres de recherche, concentrés
principalement aux universités McGill, Laval et
de Montréal.
Des correctifs pour rester concurrentiel
Certaines faiblesses subsistent malgré
tout; notamment la fragilité de la force du Québec
sur léchiquier mondial, dû à
:
- Bassin de chercheurs relativement petit face à
lOntario
- Bassin de chercheurs canadiens relativement petit
à léchelle internationale
- Urgence dassurer la relève
- Sous-exploitation industrielle des connaissances
- Faible impact des publications québécoises
- Valorisation sociale insuffisante
En concertation avec les trois principaux
organismes subventionnaires (Fonds de recherche en santé
du Québec, Fonds québécois de la
recherche sur la société et la culture et
Fonds québécois de recherche sur la nature
et les technologies), le Conseil propose trois recommandations:
- Développer une stratégie de développement
basée sur des objectifs et des moyens dactions
précis, incluant les recherches à incidence
sociale (santé mentale, problèmes de
toxicomanie, de dépendance, de délinquance,
etc.)
- Mieux commercialiser les résultats de la
recherche universitaire (développer une industrie
des neurosciences couvrant la filière du médicament,
les secteurs du matériel médical et
du service)
- Encourager le transfert des connaissances vers
la société (informer la population en
général et le milieu de la santé
et des services sociaux).
Danny Raymond