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Le 24 mai 2005



Les neurosciences québécoises passées au peigne fin

(Agence Science-Presse) - Si les neurosciences représentent pour Monsieur et Madame tout-le-monde un concept aussi abstrait que les chimpanzés rhésus, il faut savoir qu’au Québec, cette spécialité représente un fleuron: plus de 300 chercheurs dont les performances surclassent celles de leurs collègues en santé, des subventions dont les proportions excèdent le poids démographique du Québec et un nombre élevé de publications co-signées par des collaborateurs internationaux.

Le domaine affiche une performance scientifique et financière supérieure aux nanotechnologies et à la bioinformatique.

Si le portrait semble reluisant, le Conseil de la science et de la technologie du Québec veut jeter un regard critique sur ses forces et ses faiblesses, tout en proposant des solutions pour l’avenir. Dans cette perspective, une étude a été déposée en avril, "pouvant servir d’outil de référence et éclairer ceux qui auront pour tâche au cours des prochaines années d’orienter la recherche et l’innovation".

Les neurosciences s’intéressent particulièrement au fonctionnement du cerveau et du système nerveux. Les percées scientifiques visent à diagnostiquer et à trouver des traitements efficaces contre une pléthore de maladies, de l’Alzheimer au Parkinson en passant par les migraines, la schizophrénie et les troubles du sommeil.

Le Canada se positionne avantageusement sur la scène mondiale, surtout grâce à l’Ontario et au Québec. L’Institut neurologique de Montréal, crée en 1934 par le Dr Wilder Penfield et considéré comme le berceau des neurosciences au Canada, n’y est pas étranger. Le financement des neurosciences au Québec représentait 400 millions $ entre 1999 et 2003, répartis dans la dizaine de centres de recherche, concentrés principalement aux universités McGill, Laval et de Montréal.


Des correctifs pour rester concurrentiel

Certaines faiblesses subsistent malgré tout; notamment la fragilité de la force du Québec sur l’échiquier mondial, dû à :

  • Bassin de chercheurs relativement petit face à l’Ontario
  • Bassin de chercheurs canadiens relativement petit à l’échelle internationale
  • Urgence d’assurer la relève
  • Sous-exploitation industrielle des connaissances
  • Faible impact des publications québécoises
  • Valorisation sociale insuffisante

En concertation avec les trois principaux organismes subventionnaires (Fonds de recherche en santé du Québec, Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture et Fonds québécois de recherche sur la nature et les technologies), le Conseil propose trois recommandations:

  • Développer une stratégie de développement basée sur des objectifs et des moyens d’actions précis, incluant les recherches à incidence sociale (santé mentale, problèmes de toxicomanie, de dépendance, de délinquance, etc.)
  • Mieux commercialiser les résultats de la recherche universitaire (développer une industrie des neurosciences couvrant la filière du médicament, les secteurs du matériel médical et du service)
  • Encourager le transfert des connaissances vers la société (informer la population en général et le milieu de la santé et des services sociaux).

Danny Raymond

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