Culture sans science
à Montréal
(ASP) - La Proposition de politique culturelle
pour la ville de Montréal, déposée
en novembre 2004, contient en tout et pour tout trois
paragraphes sur la culture scientifique. Sur 56 pages.
L'idée que la science fasse partie
de la culture n'aurait pourtant pas dû être
si saugrenue pour les auteurs du rapport Montréal,
métropole culturelle: les mots "avenir", "développement",
"patrimoine" et même "savoirs" reviennent souvent.
"Économie du savoir, "ville de savoir", "la Ville
est elle-même un diffuseur de savoirs"...
"Une ville de savoir est d'abord et avant
tout une société apprenante, qui se préoccupe
autant de formation continue que d'éducation. Elle
encourage le désir d'apprendre, la curiosité
intellectuelle et la persévérance scolaire."
Pourtant, en dépit de ses beaux mots,
les chercheurs ne sont cités qu'au milieu d'énumérations
de gens aisés qu'il convient d'attirer à
Montréal. Et les institutions scientifiques de
la ville (Planétarium, Jardin botanique, etc.)
sont escamotées dans les trois paragraphes mentionnés
plus haut. On passe aussitôt après, et beaucoup
plus longuement, aux musées d'archéologie
et d'histoire -eux, c'est vraiment de la culture, semble-t-il.
Du reste du contenu scientifique, qu'il
s'agisse d'expositions, de magazines, de sites web, de
multimédia ou de livres, pas un mot. Grosse pente
à remonter pour ceux qui rêvent d'intégrer
la culture scientifique dans la politique culturelle de
la plus grande ville du Québec...