L'espion qui vole
(Agence Science-Presse) - Concevoir un avion
le plus petit possible, capable de faire de la surveillance
aérienne durant 30 minutes et de retrouver un terroriste
dans un rayon de 500 mètres: tel était le
défi de la première compétition allemande
d'avions espions, relevé en septembre par des étudiants
au baccalauréat en génie de l'Université
de Sherbrooke.
Seule équipe canadienne, l'équipe
du Projet VAMUdeS (véhicule aérien miniature
de l'Université de Sherbrooke) a remporté
la première place dans quatre catégories,
pour finalement se classer 6e sur 17 équipes. "Il
nous a manqué deux points pour gagner. Notre faiblesse,
c'est l'électronique. C'était pourtant l'avion
le plus performant, le plus rapide, le plus précis",
vante David Rancourt.
| Leur avion n'est pas totalement autonome ce
qui était nécessaire pour gagner!
car il se manie avec une télécommande.
Mais il possède tout de même une petite
taille (26,5 cm), un poids plume (120 g) pour 45 minutes
d'autonomie. Sa vitesse avoisine les 25 km/heure mais
peut faire des pointes à 50 km/heure. Muni
d'une caméra couplée à un ordinateur
il est muni d'une sorte de vision 3 D
celui qui le dirige "a presque l'impression d'être
assis dedans !" |
Le
site web de l'équipe
|
Conçu en styro mousse (aile) et bois
(structure), sa couleur bleu ciel lui permet d'être
presque invisible à 15 mètres. "Il ressemble
à un avion conventionnel mais en miniature. Il
possède une aile carrée, le moteur sous
le fuselage et la queue proche de l'aile", décrit
David Rancourt.
Ce mini-avion espion s'est même distingué
sur le plan de l'aérodynamisme en réalisant
des acrobaties qui ont surpris la foule présente
à cette compétition, US-European Micro-Aerial
Vehicle Technology Demonstration and Assessment. Très
stable, il résiste bien au vent et pourrait même,
de l'avis de ses concepteurs, s'élever jusqu'à
4000 mètres, "mais la télécommande
a des problèmes. À compter de 600 mètres,
nous ne sommes plus capables de diriger l'avion correctement".
Le prototype québécois
figure parmi les trois véhicules recommandés
par le juge en chef à l'AAI, le fournisseur principal
d'avions sans pilote de l'armée américaine.
"Ce serait un défi de travailler pour eux. L'armée
américaine rêve de concevoir un avion espion
capable de se glisser dans le sac à dos d'un militaire.
Même si pour ma part, je préfère penser
que je travaillerais à un engin dont l'objectif
est pacifique", affirme David Rancourt.
Présenté à Garmish-Partenkirchen,
cet avion doit ses heures de vol et ses distinctions à
Charles Vidal, Emmanuel Côté, Marc-André
Lévesque, David Rancourt, Marc-Olivier Thibault,
et Jean-François Roy électronique et radio.
Isabelle Burgun