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Le 22 novembre 2005



Le deuil des vétérinaires

(Agence Science-Presse) - Vous pourrez bientôt trouver sur la porte de votre vétérinaire : " Fermé pour cause de deuil. " Et quelle cause ! Anne-Marie Lamothe vient de déposer sa thèse en psychologie sur le deuil des vétérinaires et déjà, on la demande partout.

Elle est en effet la première à s’intéresser aux émotions que vivent les vétérinaires lors des euthanasies qu’ils pratiquent, mais aussi des morts accidentelles des animaux. Elle compare ces émotions intenses à un deuil, car elles paraissent très semblables à celles éprouvées quand on perd un être cher : stress, déception, impuissance, anxiété, culpabilité. " Quand on est confronté à la mort au quotidien, on se protège par déni, mais la mort nous rattrape quand même ".

Ce qui semble " abattre " le plus les vétérinaires, ce sont les " euthanasies injustifiées ", comme les appelle Anne-Marie Lamothe. " Beaucoup d’animaux sont euthanasiés parce qu’un membre de la famille est allergique, que l’animal a des puces, que les propriétaires déménagent, ou qu’ils ne se trouvent finalement pas capables de s’en occuper ". Le plus dur pour les vétérinaires, c’est que la plupart des gens ne cherchent pas à placer leur animal quelque part –ce qu'encouragent au maximum les vétérinaires– avant de demander l’euthanasie. Beaucoup préfèrent savoir leur animal mort, que dans une autre famille. Le sentiment de pouvoir absolu sur la vie, la mort, est donc très difficile à gérer.

L’absence d’exutoire pour gérer ces émotions violentes perturbe les vétérinaires qui, dans certains cas, perdent tout goût à leur métier, pourtant inspiré au départ par l'amour des animaux. Mme. Lamothe explique que " même au sein de leur famille, de leur entourage, il y a une philosophie du vétérinaire comme du médecin, d’être fort et solide ". Alors que même les vétérinaires ayant une trentaine d’années de métier avouent être encore profondément touchés par cette question de la mort, accidentelle ou provoquée.

Pour Anne-Marie Lamothe, deux mesures devraient être prises en priorité. Pour les étudiants, une sensibilisation est nécessaire. Il faudrait que des vétérinaires puissent venir leur parler de ces émotions et de leur expérience avec la mort et la douleur des animaux. Ensuite, les patrons des cabinets de vétérinaires devraient également recevoir une formation en psychologie afin d’aider le stagiaire à vivre ces premières expériences d’euthanasie. " La plupart du temps, on les fait apprendre sur le tas, alors qu’ils ont besoin d’être soutenu. La première euthanasie est souvent la plus traumatisante." Enfin, tout au long de leur carrière, les vétérinaires devraient pouvoir recevoir un soutien psychologique.

Carole Filippi

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