Faudrait-il des services d’injection supervisée dans plusieurs villes du Québec ? C’est une des questions que nous posons à notre émission cette semaine, dans un contexte où tout récemment, la ville de Montréal et quatre organisations communautaires, avec l’aide des gouvernements fédéral et provincial, ont ouvert trois sites, les premiers du genre dans l’Est du Canada.

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Un service d’injection supervisée est un endroit où les utilisateurs de drogues peuvent venir s’injecter des drogues — en sécurité et dans de bonnes conditions d’hygiène.

Ces services font pourtant face à diverses résistances : politique, car nous nous trouvons au cœur d’un conflit de juridictions. La juridiction criminelle des drogues est du ressort d’Ottawa et les soins offerts aux utilisateurs de drogues relèvent de Québec. Mais les sites sont implantés, le plus souvent dans les villes, qui doivent gérer la sécurité publique.

Il y a aussi une résistance sociale — le fameux « Pas dans ma cour » —, certains articles récents ont rapporté les inquiétudes de parents d’une école primaire de Ville-Marie.

Il existe pourtant des sites d’injection supervisée dans 60 villes du monde. Comme celui de Barcelone où le nombre de seringues jetées dans des endroits publics est passé de 1 200 000 à 240 000 seringues en dix ans.

Le projet de loi C-37 du gouvernement fédéral fera en sorte que 5 grands critères devront être remplis pour permettre l'ouverture d'un centre d'injection supervisée au lieu des 26 conditions obligatoires : un pas dans la bonne direction ? Et que peuvent faire les villes — au-delà des promesses électorales — pour faire leur part dans ce dossier ?

Comment fonctionne ce type de centre ? Comment évite-t-on les surdoses et le trafic ? Que répondre aux détracteurs qui prétendent qu’on encourage les utilisateurs à se droguer ? Quelles sont les mesures mises en place pour assurer un bon voisinage ? Isabelle Burgun discute de toutes ces questions avec ses deux invités :

« Ça se fait déjà dans les parcs, ça se fait dans les maisons abandonnées… Le fait d’ouvrir des centres d’injection supervisée, ça n’augmente pas la consommation de drogue » — Laurence D’Arcy

« C’est une approche de réduction de méfaits. » — David-Martin Milot

« Le problème n’est pas dans la drogue, mais dans la relation que l’usager développe avec la drogue, une relation malsaine. Il y en a qui ont cette relation malsaine avec l’alcool » — Laurence D’Arcy

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En chronique : Pascal Lapointe, qui revient chaque mois sur la guerre des cultures. Il nous parle cette fois-ci de « la mort de l’expertise ».

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h, sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est également rediffusée pendant la semaine. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche pour cette émission : François Cartier. Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre), CJMD (Lévis) et Radio-Fermont.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.