Changements climatiques et vulnérabilité des pays les plus démunis
Il y a injustice climatique... s'exclament, souvent
et avec raison, les représentants des pays les plus pauvres et les plus
vulnérables de la planète (voir le Monde diplomatique). En effet, ceux qui produisent le plus de gaz
à effet de serre, les pays industrialisés, voire les pays les plus riches... ne
sont pas ceux qui sont les plus touchés par les bouleversements climatiques ou
encore les plus démunis sur le plan de la capacité d'adaptation. À l'occasion
d'un atelier, tenu en janvier 2005 au Bangladesh, sur les implications des
communautés locales dans les efforts d'adaptation, les discours inauguraux des
officiels ne laissaient aucun doute sur la colère des délégations des petites
îles du pacifique ou de l'Afrique. Les participants issus des grands pays «
producteurs » de GES, comme moi, ont ressenti un profond malaise. Ce malaise
persiste. Cet appel à l'aide des pays du Sud est repris à la Conférence
de Montréal. On se doit de démontrer
notre appui.
En examinant simplement les tableaux qui comparent la production de gaz à effet
de serre des différentes régions du monde, on constate sans surprise que
l'Afrique génère à peine plus d'une tonne métrique de dioxyde de carbone
par personne. Mais le vrai « défi d'une
tonne » en Afrique est la subsistance. Déjà accablé par une forte
croissance démographique, des cadres institutionnels fragiles, la
malaria, le VIH, la dégradation rapide de l'environnement et la diminution des
ressources naturelles, ce continent est à la merci des moindres changements
climatiques. Les bouleversements climatiques dans les pays les plus pauvres
auront des conséquences tragiques. En fait, les travaux de la Chaire d'études
sur les écosystèmes urbains, de nos collègues du Sahel du Centre
Agrhymet et d'Environnement Canada examinent comment les transformations
de l'environnement, imputables aux les bouleversements du climat, sont
aggravées par des facteurs socio-politiques. En adoptant une approche à la
question de l'adaptation aux changements climatiques axée sur la vulnérabilité
et la sécurité alimentaire, nos travaux nous amènent à réfléchir sur
l'élaboration de politiques publiques qui englobent, plutôt que ne séparent,
les enjeux environnementaux et sociaux.
Laurent
Lepage, titulaire de la Chaire d'études sur les écosystèmes urbains – UQÀM
Monsieur Lepage donnait aujourd'hui une conférence
sur la vulnérabilité du climat et des populations sahéliennes lors du Colloque Sciences et société :
les changements climatiques, un événement organisé par l'UQÀM, sa Faculté
des sciences et le Consortium Ouranos.
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