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Une découverte incroyable !

Normand Mousseau, le 17 décembre 2005, 13h02

Je ne peux m'empêcher de discuter d'un article publié cette semaine dans le Courrier international, provenant originalement du grand quotidien anglais, The Guardian, qui relate une découverte scientifique qui pourrait être révolutionnaire :

« Un médecin électrotechnicien diplômé la prestigieuse université Harvard
a récemment annoncé la découverte d'un nouvel état de l'hydrogène, appelé hydrino,
qui donnerait accès à une réserve d'énergie presque infinie. Mais
l'explication de cette découverte discrédite la mécanique quantique,
une théorie vieille de 80 ans et qui fait l'unanimité parmi les
physiciens. Selon plusieurs experts, c'est cette raison qui
expliquerait la réticence de la communauté scientifique à accepter une
telle découverte, malgré son potentiel remarquable. »  (mon
sommaire)

J'ai déjà répondu brièvement à un commentaire au sujet de l'article original dans le Guardian,
il y a quelques mois. Je ne peux m'empêcher d'y revenir, maintenant que
l'article est reproduit dans une grande revue internationale.
Car cet article représente l'archétype du mauvais travail de
journaliste qui essaie de mousser un résultat bidon en manipulant les
lecteurs (*) et contient tous les indices permettant de l'identifier
comme tel.

Tout d'abord, on établit la crédibilité du chercheur en la bardant de
diplômes, même si ceux-ci n'ont rien à voir avec la discipline. En quoi
un médecin, par exemple, est-il plus compétent que le citoyen moyen,
quand il s'agit de mécanique quantique ? Ce n'est pas grave. Le nom de
Harvard ou de toute autre grande université américaine suffit à faire
taire les critiques. Pourtant, le fait que George Bush ait réussi à
décrocher un diplôme de l'Université Yale devrait faire réfléchir le
lecteur...

Ensuite, on mentionne le nom d'« experts », généralement inconnus, mais
qui cautionnent le travail. Si on peut en nommer deux ou trois, on
donne vite l'impression que la moitié de la communauté scientifique
s'intéresse à la découverte. On évite, évidemment, de citer des
scientifiques bien reconnus qui déclarent le travail factice.

Finalement, on annonce une conspiration établie pour cause de jalousie,
de paresse intellectuelle ou de conflit financier. L'argument, qui peut
sembler acceptable pour un lecteur généraliste, apparaît farfelu pour
un physicien. En effet, les chercheurs adorent les découvertes qui
ébranlent les bases de la physique, car elles impliquent la présence de
nouvelles classes de phénomènes auxquelles ils s'attaqueront avec le
plus grand plaisir.  Par exemple, cela fait plus de 30 ans que les
physiciens essaient de casser le modèle standard établi pour expliquer
la nature des forces et des particules élémentaires. Malheureusement,
le modèle tient toujours le coup, au grand dam des scientifiques.

Fausse crédibilité, appel à l'autorité, invention d'une conspiration :
les fausses découvertes et les canulars sont souvent faciles à dépister
en science. Mais ne vous trompez pas! on les retrouve dans tous les
domaines du savoir. Qu'il s'agisse de politique, d'économie ou de
société, on ne doit jamais accepter les annonces surprenantes (et
souvent les idées reçues) sans étudier avec soin les détails de la
présentation. Surtout rappelez-vous, si c'est trop beau pour être vrai, c'est que ce n'est pas vrai...

(*) Oui, je l'avoue, je fais partie des sceptiques pour qui l'hydrino
n'existe que dans la tête d'un imposteur et devrait rejoindre la fusion
à froid parmi les impostures scientifiques des 20 dernières années.
 

16 commentaires

Portrait de BENKHENNOUF KAMEL

Je n'ai pas la compétence scientifique pour juger SI EXISTE FUSION FROID MAIS PAR L INTUITION JE DIS EXISTE ET CA MAITRISE LE JOUR OU ETRE HUMAIN PEUT MAITRISER LE TEMPS ET L ESPACE KAMILOVER MY PHONE IS 002130770354815
THANK YOU

Portrait de Narejos Laurent

Je ne suis pas un scientifique, ni un reveur. Je félicite M.langlois de son opiniâtreté et de son optimisme. Je pense qu'une telle technologie dérange, et c'est le coeur du problème. Cela remettrait beaucoup de choses en question et pas seulement la mécanique antique ;)ou quantique. Tout réside dans ce que l'on peut apporter à la communauté internationale d'une telle découverte. les energies sont la sources des revenues de la planete, et pourtant l'essentiel est ailleurs. Je suis convaincu que cela vaut la chandelle de tout mettre en oeuvre pour developper toute nouvelle technologie. la fusion à froid est à base d'eau si j'ai bien compris. Cela permettra d'enrayer la dégradation récurrente de notre planete et pallier au disfonctionnement équalitaire qu'il en résulte.

Je vous souhaite de bonnes recherches et je suis persuadé que vous etes sur le bon chemin pour y arriver.

Je regrette juste qu'un Journaliste manque d'optimisme et de perspicacité. Il vaut mieux bien s'informer avnt d'informer les autres. Malgré les bonnes volonté, Les medias actuels forcent à la désinformation. Les parties pris à l'energie mondiales sont les détenteurs de l'information. C'est de cause à effet. c'est la meme chose en science. Il faut encourager les bonnes causes pour avoir un meilleur effet !!!

Narejos Laurent.
Marchand de Bonheur.
Fleuriste à Luxembourg.

Portrait de José Vigan

La communanauté scientifique devrait s'interesser de plus près à ces phénomènes.
Aujourd'hui, un chercheur qui déclare avoir observer ou réaliser une expérience qui bouscule les théories établies est frappé d'ostracisme par les autre membres de la communauté.
Au sujet de Mills , je n'ai trouvé aucun document publié par des sommités de la mécanique quantique qui ait décortiqué sa théorie. Si elle est fausse , alors il faudrait le démontrer.
Sinon il faudrait étudier sa théorie et séparer le bon grain de l'ivraie. J'ai lu l'introduction de son bouquin, et il pose le postulat suivant : les lois de la physique valable au niveau macroscopique, le sont au niveau microscopique. Sur cette base , il arrive à partir des équations connues de Maxwell et Newton à trouver des valeurs théoriques proches des valeurs expérimentales et mesurés.
Je pense que si il a trafiqué ses équations , il est aisé à tout spécialiste du domaine de la prouver.
Mon avis , il n'est pas aisé de prouver qu'il a tort.
Donc attendons patiemmenet les applications de l'hydrino.
Je signale enfin que la fusion froide est considérée de moins en moins comme une imposture.

Portrait de charles

je ne suis vraiment pas un expert, je suis en secondaire 4. Je fais juste un essai de science sur la fusion froide. Je voudrais savoir si les muons sont envisagés par les scientifiques

Portrait de Pierre Langlois

Peut-être M. Mousseau n'êtes-vous pas au courant des résultats suivants qui ont été obtenus par divers chercheurs dans le domaine de la «fusion à froid».

1- SRI International et Electric Power Research Institute (EPRI): Un projet de recherche sur la «fusion à froid» (électrolyse d'eau lourde avec cathode de palladium) sous la responsabilité du docteur Michael McKubre (un électrochimiste travaillant chez SRI), réalisé conjointement avec EPRI, a dévoilé les résultats suivants. Les calorimètres (précis à 0,1%) ont montré des excès de puissance de 25% pendant des centaines d'heures, totalisant un excès total d'énergie allant jusqu'à 1million de Joules (1 MJ), ce qui représente 450 eV par atome de palladium de l'électrode, ou si l'on veut des excès d'énergie environ 200 fois plus importants que ce que pourraient donner des réactions chimiques (référence: Michael C. H. McKubre et al., Isothermal Flow Calorimetric Investigations of the D/Pd System, compte-rendu ICCF 2, 1991, Como, Italie, Italian Physical Society, Bologna, Italie: p. 419).

2- US Navy's Space and Naval Warfare Systems Center (San Diego): Le 29 mars 2003 paraissait dans la revue «New Scientist» l'article intitulé «Reasonable Doubt» signé par Bennett Daviss. Cet article fait le point sur le rapport «Thermal and nuclear aspects of the Pd/D2O system: a decade of research at navy laboratories» qui a été rendu publique en 2002. On y apprend qu'en 1994, lorsque Melvin Miles a testé des électrodes en Palladium avec un peu de Bore, dans ses cellules d'électrolyse à eau lourde, il a constaté avec ses calorimètres (précis à 1%) des excès de puissance de 30% à 40% pendant des semaines, totalisant des excès d'énergie allant jusqu'à 1,4 MJ, correspondant à au moins 200 fois ce qu'auraient pu donner des réactions chimiques (référence: Melvin H. Miles et al. «Anomalous Effects in Deuterated Systems», Final Report, 1996, Naval Air Warfare Center Weapons Division, peut être téléchargé gratuitement sur www.lenr-canr.org).

3- Osaka University : Yoshiaki Arata et Yue-Chang Zhang ont développé une cellule d'électrolyse dite à double cathode (enveloppe en palladium solide enfermant de la poudre ultra-fine de palladium) pour étudier les phénomènes de «fusion à froid». En 1994, ils ont publié leurs résultats, avec une précision meilleure que 5%, montrant des excès d'énergie de 200MJ produits de façon continue sur une période de 3000 heures à un taux moyen de 50-100 KJ/h, pour les cellules contenant de l'eau lourde. Ces énergies sont plus de 1000 fois supérieures à celles que devraient donner les réactions chimiques (au plus 4KJ selon leurs calculs)! Les excès de puissance atteignaient 100 watts et plus. Ils n'ont pas observé d'excès d'énergie pour les cellules remplies d'eau ordinaire. (référence: Yoshiaki Arata et Yue-Chang Zhang, «A New Energy Caused by "Spillover-Deuterium"», Proc. Jpn. Acad., Vol. 70 Ser. B, 1994, p.106).

Je ne crois pas qu'on puisse qualifier ces résultats expérimentaux de «SUBTILS», alors que les excès d'énergie sont aussi IMPORTANTS. Ça serait trop facile de dire que les expériences qui démontrent des dégagements importants d'énergie sont «mal contrôlées» alors que celles qui n'en démontrent que très peu elles sont «bien contrôlées».

Je crois qu'il faudrait plutôt que les scientifiques commencent à réaliser qu'il y a réellement des ANOMALIES IMPORTANTES avec les atomes d'hydrogène (ou de deuterium). Je n'ai cité que trois exemples mais il y en a beaucoup plus dans la littérature, concernant autant l'aspect dégagement de chaleur que la production de «cendres nucléaires».

De quel droit s'arroge-t'on pour dire que toutes ces expériences sont farfelues, mal contrôlées voire frauduleuses? Un peu d'ouverture d'esprit ne ferait pas tord. Le scepticisme est nécessaire en science, mais lorsqu'il devient excessif face aux multiples évidences qui s'accumulent, ça fait plus de tord que de bien au progrès scientifique.

Portrait de Normand Mousseau

Il me faut appuyer les propos de Pascal Lapointe, ici. Les cas d'ostracisme en science ne sont si rares que ça. Toutefois, il est faux de dire que les scientifiques refusent les découvertes « dérangeantes ». On peut penser, par exemple, à la découverte des quasi-cristaux, au début des années 1980. Ces matériaux présentent une structure qui viole les lois fondamentales de la géométrie. Plusieurs grands scientifiques, dont Linus Pauling, prix Nobel de chimie, accusèrent les expérimentateurs d'erreur grossière. Rapidement, toutefois, la communauté scientifique dut reconnaître l'existence de ces matériaux ordonnés bien que la structure des atomes ne se répète jamais (ce qui permet de contourner les lois mathématiques). En ce qui concerne les hydrinos et la fusion à froid, il est vrai qu'il reste des expériences dont les résultats ne sont pas expliqués. Ces expériences sont généralement subtiles et pas toujours bien contrôlées (en fait, plus les contrôles sont serrés, moins l'énergie dégagée est grande). Avant d'annoncer la faillite d'une théorie comme la mécanique quantique, il faut d'abord s'assurer qu'aucune autre explication ne tient la route. Et c'est aux découvreurs de faire le travail et de convaincre le reste de la communauté scientifique. Une grande partie de la communauté physicienne, surtout en astrophysique, cosmologie et hautes énergies, passe l'essentiel de son temps à essayer de trouver des failles dans les modèles actuels. Si il y avait quelque espoir que ce soit, tous ces gens se jetteraient avec avidité sur ces résultats!

Portrait de Pierre Langlois

Je voudrais apporter quelques précisions aux commentaires de Pascal Lapointe.

Je conçois très bien qu'un journaliste sans formation scientifique puisse avoir de la difficulté à s'y retrouver dans toute cette affaire concernant la fusion à froid et les hydrinos. Mais je comprend également qu'un journaliste professionnel se doit de vérifier un minimum de choses avant d'écrire un article, sinon on demeure au niveau des impressions, du ressentiment et des croyances.

Quand vous parlez «des centains de chercheurs qui appuient cette théorie (de la fusion à froid)» et que vous les comparez aux scientifiques qui appuient le CRÉATIONISME, je crois qu'il faut apporter certaines nuances.

Tout d'abord, le créationisme fait partie de CROYANCES RELIGIEUSES, ce qui n'est pas le cas des chercheurs travaillant dans le domaine de la fusion à froid. Ces chercheurs n'appuient pas la fusion à froid comme le feraient des CROYANTS, ils ont VÉRIFIÉ dans leurs laboratoires les ANOMALIES en cause. Ce sont leurs calorimètres qui indiquent des excès de chaleur qui persistent pendant des semaines voire des mois. Ce sont leurs spectromètres qui montrent la présence d'atomes qui n'étaient pas présents au début des expériences et qui se répartissent suivant des distributions isotopiques très différentes des distributions naturelles, démontrant qu'il ne s'agit pas de contaminations. Ce sont leurs détecteurs qui mesurent la présence de neutrons ou du tritium. Ce sont leurs plaques photographiques qui enregistrent les autoradiographies des électrodes de palladium. Ce sont des expériences de contrôle qui démontrent qu'il ne s'agit pas d'artefacts de mesure. BREF, CES SCIENTIFIQUES N'APPUIENT PAS UNE THÉORIE, ILS ONT VÉRIFIÉ LA RÉALITÉ EXPÉRIMENTALE D'ANOMALIES BIEN RÉELLES, QU'ILS NE COMPRENNENT PAS MAIS QUI EXISTENT. ON EST BIEN LOIN DES CROYANCES RELIGIEUSES, ON EST DANS LE DOMAINE DE LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE.

En ce qui concerne ma soit-disant insistance sur le mot "prestigieux", je vous ferai remarquer que je ne l'ai pas utilisé dans mon texte. Je parle d' «institutions respectables» et la seule que je mentionne est Mitsubishi Heavy Industries. Porter un jugement sur la fusion à froid en s'appuyant sur une argumentation semblable m'apparaît plutôt faible et ne mérite pas que je m'y étende davantage.

En ce qui concerne le fait que les chercheurs en fusion à froid utiliseraient malicieusement la carte de la victime ostracisée pour gagner la sympathie de partisans, je dois vous dire ceci. Le dixième congrès ICCF (International Conférence on Cold Fusion) avait lieu, en 2003, à Cambridge, à deux pâtés de maison du MIT où les organisateurs avaient placé plusieurs affiches annonçant la conférence. Et bien, pour votre information, personne du MIT n'est venu à la conférence sauf le professeur Hagelstein, un théoricien en fusion à froid depuis 16 ans. Alors si ça ce n'est pas de l'ostracisme qu'est-ce que c'est. Je suis désolé M. Lapointe, mais la situation que vivent les chercheurs en fusion à froid et que j'ai présentée dans mon commentaire précédent ne reflète que la DURE RÉALITÉ basée sur des FAITS.

Pour ce qui est du virage subtil vers un constat minimaliste d'ANOMALIES ÉNERGÉTIQUES, je vous ferai remarquer M. Lapointe que les excès d'énergie MESURÉS représentent des centaines de fois les énergies chimiques potentielles. Je ne crois pas que ce soit là une réduction minimaliste. Cet important dégagement d'énergie et les réactions nucléaires à basse énergie qui les accompagnent représentent rien d'autre qu'UNE VÉRITABLE RÉVOLUTION SCIENTIFIQUE. Les physiciens et les chimistes ne sont pas des LINGUISTES mais des SCIENTIFIQUES. Cessons de jouer sur les mots et tenons-nous en aux faits expérimentaux.

En ce qui a trait à la répétitivité des expériences, elle s'est beaucoup améliorée aujourd'hui, et certaines d'entre elles atteignent des taux de succès de plus de 90%. J'ajouterai que le fait qu'une expérience soit difficile à répéter n'est pas une preuve que les phénomènes qu'on observe lorsqu'elle fonctionne ne soient pas réels. Prenez par exemple le clonage. Que je sache c'est loin de réussir à tous les coups. Lorsque les scientifiques ont voulu fabriquer les premiers transistors dans les années 1950, ça ne fonctionnait qu'une fois sur 20, alors qu'on savait ce qu'on voulait faire. À force de persévérence, les scientifiques ont finalement réalisé que la présence de certaines impuretés était très nuisible, d'où le perfectionnement des techniques de purification du silicium. Dans le cas de la fusion à froid, on ne comprend même pas les véritables mécanismes à l'oeuvre. On en est encore à identifier, à force de répétitions, les paramètres qui favorisent l'apparition des anomalies. C'est donc déjà beau qu'on puisse obtenir de tels résultats.

Finalement, en ce qui concerne les preuves de l'existence des hydrinos, elles sont nombreuses. Mentionnons les spectres des atomes d'hydrogène dans l'ultraviolet lointain qui s'accordent parfaitement avec les équations de Randell Mills contenant des niveaux quantiques fractionnaires, mais qui sont inexplicables avec la théorie quantique actuelle. Pour les observer, il faut d'abord séparer les molécules d'hydrogène en atomes avec un filament de tungstène chauffé ou avec des micro-ondes. On introduit ensuite certains atomes qui vont catalyser la réaction.

Par ailleurs, des mesures calorimétriques, avec expériences de contrôle, ont démontré des dégagements importants d'énergie. L'élargissement très marqué de certaines raies spectrales des atomes d'hydrogène, lors de la formation des hydrinos, traduit également des vitesses TRÈS élevées des atomes, correspondant à des énergies 100 fois supérieures aux gaz qui s'échappent des tuyères de la navette spatiale.

Dans d'autres expériences, les chercheurs de BlackLight Power ont isolé des hydrinos dans une trape cryogénique et les ont introduit dans divers appareils dont un spectromètre de masse, un spectromètre à résonance magnétique nucléaire et un chromatographe en phase gazeuse. Le spectromètre de masse a bien montré qu'il s'agissait de molécules d'hydrogène. Toutefois, pour ioniser ces molécules afin qu'elles soient accélérées dans le spectromètre il a fallu augmenter le voltage du canon à électron de la chambre d'ionisation, ce qui indique que les électrons de ces molécules étaient PLUS FORTEMENT LIÉS que ceux des molécules ordinaires d'hydrogène. Ça démontre donc que les électrons sont plus près du noyau et qu'il s'agit de molécules rétrécies. Les résultats du spectromètre à résonance magnétique nucléaire confirment également ces résultats.

Bref ce ne sont pas les preuves qui manquent. Je sais que vous ne comprendrez probablement pas tout ce que je viens de dire, puisque vous n'êtes pas un scientifique mais j'ai voulu expliciter un peu pour les scientifiques qui vont possiblement lire ce commentaire.

En terminant M. Lapointe, si le sujet vous intéresse réellement et que vous vouliez en parler avec OBJECTIVITÉ, je vous invite à «regarder vous-même dans le télescope» en lisant le dernier livre sur le sujet, et dont j'ai donné les références dans mon commentaire précédent.

Portrait de Pascal Lapointe

Je n'ai pas la compétence scientifique pour juger de la validité ou non des arguments de Pierre Langlois. Je ne peux donc qu'apporter mon grain de sel comme journaliste, en faisant une analyse de texte de votre réponse. Et celle-ci m'oblige à souligner que cette réponse "pro-hydrino" contient les trois éléments qui obligent justement à être sceptiques:

1) une insistance sur le fait que "des centaines de chercheurs" appuient cette théorie. Désolé, mais ça ne veut rien dire. Même les créationnistes invoquent avoir "des centaines de scientifiques" de leur côté, ce qui n'appuie en rien la validité de leur thèse.

2) une insistance sur l'adjectif "prestigieux": des universités prestigieuses, des institutions prestigieuses, comme si cela donnait une valeur supplémentaire à la théorie. Que je sache, il ne nous viendrait pas à l'esprit de dire qu'une théorie est plus solide parce qu'elle provient de McGill (bien cotée à l'échelle internationale) plutôt que de l'UQAM.

3) une insistance sur la théorie de la victime: si les théories de l'hydrino ou de la fusion à froid ne progressent pas, c'est parce que leurs promoteurs sont soi-disant ostracisés, que les budgets de recherche ne sont pas suffisants, etc. C'est oublier un peu vite que pour la poignée de chercheurs qui affirment avoir obtenu des résultats bizarres, il y en a des dizaines d'autres qui ont essayé très fort et n'ont rien trouvé. Pourquoi ne pas parler de ces derniers aussi?

Vous avez étudié l'histoire des sciences, vous savez qu'il y a eu AUSSI une infinité de théories émises par "des centaines de chercheurs" qui se sont finalement avérées fausses.

4) un virage subtil vers un constat minimaliste: Untel ne parle pas de fusion à froid, Untel ne parle pas d'hydrino, Untel parle juste "d'anomalies énergétiques". Fort bien, mais alors, pourquoi lier cela nécessairement à un nouvel état de la matière ou à une révolution de la physique quantique?

Au bout de la ligne, donc, de mon strict point de vue de journaliste, en m'en tenant à une stricte analyse de texte, je ne suis pas plus avancé. Les deux questions-clefs n'ont toujours pas obtenu réponse: 1) a-t-on des preuves de l'existence de l'hydrino? 2) A-t-on des preuves que cet "état" serait le Saint-Graal d'une énergie illimitée et gratuite? Et pour l'instant, tout tend à répondre que Non.

Portrait de Pierre Langlois, Ste-Catherine-de-la-Jac

Pour ceux que le sujet intéresse, il y a présentement des centaines de chercheurs dans plus de douze pays qui on démontré dans plus de mille expériences positives des anomalies avec les atomes d'hydrogène ou de deutérium. Par expériences positives j'entend qu'ils ont soit démontré des excès importants d'énergie ou des produits de réactions nucléaires, dans des environnements physico-chimiques où normalement il ne devrait pas y en avoir. MALHEUREUSEMENT on a donné à ces phénomènes le nom de FUSION À FROID alors que ce que l'on observe n'est souvent pas compatible avec la fusion nucléaire.

Je ne dis pas qu'il n'y a pas de fusion dans certaines de ces expériences, mais on observe une panoplie de réactions, dont la fission, les transmutations et l'accélération de la désintégration de l'uranium, sans parler des rayons-X et des neutrons émis dans des environnements aussi simples qu'une cellule d'électrolyse ou une décharge électrique dans un gaz.

Des chercheurs de haut calibre ont mis à jour ces ANOMALIES dans des institutions respectables (universités, centres de recherche gouvernementaux et privés).

Quatre raisons principales ont jeté le discrédit de l'establishment scientifique sur ces recherches:

La première est que Pons et Fleischmann ont annoncé, en 1989, qu'ils avaient découvert la FUSION à froid, sans en avoir la preuve. Ils auraient dû mentionner plutôt qu'ils avaient découvert une ANOMALIE ÉNERGÉTIQUE qui fait qu'il se dégage des centaines de fois plus d'énergie que ce que peuvent donner les réactions chimiques. Ce sont d'ailleurs ces dégagements importants d'énergie qui leur ont fait dire qu'il devait s'agir d'une réaction nucléaire.

La deuxième raison est qu'il ne semblait pas se dégager de radiations dangereuses (rayons gammas et neutrons) auxquelles on devrait s'attendre normalement dans une réaction de fusion. Avec les excès d'énergie qu'ils ont annoncés, ils auraient dus être morts avec les doses de radiations auxquelles on devrait s'attendre d'une réaction de fusion, selon les connaissances que nous avons en physique nucléaire.

La troisième raison est que les expériences de Pons et Fleischmann se sont avérées difficiles à reproduire (elles fonctionnaient en moyenne une fois sur dix) et que plusieurs laboratoires n'ont pas réussi à les répéter.

La quatrième raison est que Pons et Fleischmann (deux électro-chimistes) ont déclaré avoir détecté des neutrons dans une expérience, à un niveau beaucoup plus faible que ce en quoi on devrait s'attendre, alors qu'il s'est avéré peu de temps après que les mesures étaient erronées.

ÇA PART MAL!

Pour ce qui est des dégagements excédentaires d'énergie, les scientifiques se sont donc dit qu'il devait s'agir d'autres erreurs expérimentales et que de toute manière C'ÉTAIT TROP BEAU POUR ÊTRE VRAI. Certains sont même allés jusqu'à traiter la fusion à froid de SCIENCE PATHOLOGIQUE.

Mais ceux qui ont réussi à reproduire l'expérience ne pouvaient nier l'évidence expérimentale de l'excès de chaleur, ce qui les a incité à poursuivre. Peu de temps après, certains laboratoires ont même observé des dégagements de tritium, d'hélium, de neutrons et de radiations pénétrantes capables de produire des autoradiographies comme l'avait fait Becquerel lorsqu'il a découvert la radioactivité.

J'ai consacré personnellement plusieurs mois à lire sur le sujet et je suis même allé au 10e congrès ICCF (International Congress on Cold Fusion) à Cambridge en 2003, où j'ai pu échangé avec plusieurs chercheurs dans le domaine (j'étais le seul Canadien inscrit). Àprès tout ça, JE SUIS BIEN CONVAINCU QUE CES ANOMALIES ÉNERGÉTIQUES SONT BIEN RÉELLES et qu'une révolution scientifique majeure s'annonce à l'horizon.

Le problème est que même présentement personne ne comprend réellement ce qui se passe. Mais une chose est sure c'est qu'il y a toujours des atomes d'hydrogène ou de deutérium qui sont présents dans les expériences.

Or voici que Randell Mills nous arrive avec ses HYDRINOS et son livre de plus de mille pages pour nous les présenter, de même qu'une cinquantaine d'articles publiés dans des revues arbitrées, montrant une quantité impressionnante de résultats expérimentaux qui convergent tous vers l'existence de niveaux quantiques fractionnaires de l'atome d'hydrogène. La conséquence étant des atomes d'hydrogène rétrécis, potentiellement plus de cent fois plus petits. En fait, un hydrino serait un atome neutre d'hydrogène tellement petit que ses propriétés devraient s'approcher de celle d'un neutron. Or le neutron est l'outil par excellence pour initier des réactions nucléaires...

Bien sûr ces expériences QUI SONT TROP BELLES POUR ÊTRE VRAIES doivent être considérées avec précaution et il est normal qu'elles engendrent du scepticisme. Mais lorsque des centaines de chercheurs qualifiés confirment que l'anomalie énergétique est RÉELLE et qu'il y a bel et bien des CENDRES NUCLÉAIRES présentes, il faut alors se rendre à l'ÉVIDENCE. L'alternative est de traiter tous ces scientifiques de FRAUDEURS OU D'INCOMPÉTENTS, ce qui EST TROP LAID POUR ËTRE VRAI...

Quand les scientifiques rejettent l'évidence expérimentale sous prétexte qu'elle ne colle pas aux connaissances acquises, alors là il y a un GROS PROBLÈME, car l'histoire des sciences est remplies de nouvelles découvertes qui contredisaient les connaissances de l'époque. Soyons donc plus humble et professionnels.

Moi qui écris des livres sur l'histoire des sciences, je suis stupéfait de voir qu'on en est encore au stade des cardinaux de l'Église Catholique qui ne voulaient pas regarder dans le télescope de Galilée, sous prétexte que ça ne pouvait pas être vrai. C'est déconcertant de voir que dans la situation actuelle de notre planète on lève le nez sur des phénomènes qui pourraient potentiellement s'avérer, lorsqu'on comprendra mieux ce qui se passe, une solution énergétique sans gaz à effet de serre ni radioactivité dangereuse. A-t'on le droit de cracher la dessus?

OÙ EST DONC PASSÉE LA CURIOSITÉ DES SCIENTIFIQUES, QUE SONT DEVENUS LES PHILOSOPHES DE LA NATURE? En 2004, le jour du 15e anniversaire de l'annonce de Pons et Fleischmann, je donnais une conférence sur la«fusion à froid» au département de physique d'une université québécoise à laquelle assistaient 75 personnes. De ce nombre il n'y avait que DEUX profs, dont le responsable des conférences qui se devait d'être là. JE VOULAIS SIMPLEMENT LES FAIRE REGARDER DANS LE TÉLESCOPE, mais les profs (plus de 25 au département) ont décliné l'invitation. Les universités ne devraient-elles pas être le château-fort de la libre pensée! Les étudiants ont beaucoup apprécié par contre, probablement parce qu'ils n'ont pas ENCORE trop de préjugés. Je dois dire que pourtant la conférence avait très bien été annoncée par courriel à chaque membre du département, avec un texte descriptif d'une page, des références sur les travaux récents de Ywamura ( de la compagnie Mitsubishi Heavy Industries, pas des deux de pic) publiés dans le célèbre «Japanese Journal of Applied Physics» (Jpn. J. Appl. Phys. Vol 41 (2002) pp. 4642-4650, et même quelques exemplaires (pdf) des diapositives numériques de la conférence.

Enfin, je ne voudrais pas terminer avant de donner quelques références pour ceux qui sont encore curieux et qui veulent en savoir plus. En fait, deux références suffisent puisqu'on peut y trouver toutes les autres, il s'agit premièrement du site www.lenr-canr.org . Les abréviations qui constituent son adresse signifient LENR = Low Energy Nuclear Reactions, et CANR = Chemically Assisted Nuclear Reactions. Ce site comporte une banque de donnée sur plus de 3000 articles publiés sur le sujet dont plus de 300 sont téléchargeables gratuitement en format pdf (ils ont déjà téléchargé près de 500 000 articles). Vous y trouverez également un GUIDE DE L'ÉTUDIANT (A Student's Guide to Cold Fusion) très bien fait, de même que les références de trois livres très bien faits également. La deuxième référence comporte également beaucoup d'information et la description du dernier livre (excellent) sur le sujet :

«The Rebirth of Cold Fusion, Real Science, Real Hope, Real Energy» par Steven B. Krivit et Nadine Winocur, Pacific Oaks Press, 2004.

Je terminerai par une citation de Sharon Begley dans l'article "Cold Fusion Isn't Dead, It's Just Withering From Scientific Negect" (Wall Street Journal, sept. 5, 2003):

«La seule chose pathologique à propos de la fusion à froid c'est la manière dont l'establishment scientifique l'a traité»

Je dois admettre toutefois que le contexte n'est pas réellement favorable à une recherche universitaire puisque

- les chercheurs ont énormément de difficulté à publier leurs résultats
- plusieurs pays, dont les États-Unis n'accordent pas de brevets sur le sujet
- La grande majorité des gouvernements ne financent pas la recherche
- les chercheurs sont assurés d'être ridiculisés et de mettre leur carrière en danger

Quel prof voudrait bien être assez fou pour tenter l'aventure, à part quelques-uns près de la retraite qui n'ont plus rien à perdre?

À bon entendeur Salut!

Pierre Langlois, Ph.D.
physicien : consultant / auteur

Portrait de Olivier Suire

Voici un indice permettant de repérer à coup sûr les gens dépourvus de talent qui ne savent se faire valoir qu'en critiquant le travail des autres : ils se permettent d'affirmer qu'une découverte est un canular, sans pour autant en apporter la preuve.
Mr. Parks a-t-il essayé de reproduire l'expérience de Mills ? Non, il s'est contenté de lui planter un couteau dans le dos dans son bouquin.
Mills est mis à l'écart non pas parceque sa théorie contredit celle communément admise par la communauté scientifique, mais parcequ'il ne fait pas partie du sacro-saint milieu scientifique universitaire.

Même si Mills a tord, il serait intéressant et CONSTRUCTIF de savoir ce qui se passe réellement lors de sa fameuse expérience et en particulier si oui ou non :
-Le bilan thermique montre que la réaction dégage de l'énergie
-L'analyse spectrale montre des raies prévues par Mills pour la transition de l'atome d'hydrogène en hydrino.

Voilà qui ferait vraiment avancer le schmilblik.

Portrait de Christian Bonhomme

J'aimerais savoir comment est fabriqué l'hydrino ?
Qu'elle énergie faut-il pour le produire ?
Libère-t-il plus d'énergie que ce qu'il a fallu pour le produire ?

Si Oui ! Celà contredit, en plus, le premier principe de thermodynamique !

Les physiciens ont de quoi travaillé pendant des siècles !
Remise en cause de la mécanique quantique et de la thermodynamique.

Bravo Mr Mills pour cet énorme canular (ou cette escroquerie, car derrière tout celà il y une entreprise commerciale BlackLight Power) !!!!!!!!!

Portrait de Normand Mousseau

En fait, ce que les gens prétendent avec l'hydrino est qu'il est possible de "pomper" l'atome dans un état d'énergie inférieur à l'état fondamental, ce qui est impossible car, par définition, l'état fondamental est celui de plus faible énergie...

Portrait de Yvan Dutil

En physique atomique, il existe des états dits "métastable". Ces états métastables ont une durée de vie très longues, car certaines règles transitions sont interdites par les lois de conservations en mécaniques quantiques. Un exemple classique de ce phénomène est la phosphorescence. Le truc ici est des pompers l'atome dans un état exité d'où il pourra retomber sur le niveau inférieur, ce qui ne demande pas nécessairement beaucoup d'énergie.

Portrait de Pascal Lapointe

Ce que je trouve encore plus étrange dans cette théorie de l'hydrino, c'est que même en fouillant sur les sites "partisans", on n'arrive jamais à vraiment bien comprendre comment se ferait cette libération d'énergie miraculeuse. Si j'ai bien compris, on nous explique à répétition que le "secret" de l'hydrino résiderait dans le fait d'obliger l'électron à tourner plus près de son noyau que ce qui serait son orbite minimale (j'ignorais qu'il y avait une orbite minimale pour les électrons, mais admettons). Mais nulle part je n'arrive à comprendre en quoi cet effort libérerait plus l'énergie qu'il n'en nécessiterait.

Mais pour le reste, bravo pour la démonstration, tous les ingrédients du "pauvre-petit-scientifique-écrasé par le vilain establishment" sont effectivement là. :-)

Portrait de Normand Mousseau

Vous avez tout à fait raison. C'est en effet une démonstration éclatante de l'impossibilité de l'hydrino! Mais ce n'est pas toujours aussi facile de démontrer qu'une histoire est un canular. Comme disait un scientifique qui a passé une bonne partie de sa carrière à pourfendre ces histoires (Robert Park, de l'Université du Maryland), « Lorsqu'on voit un tour de magie, on sait que c'est une illusion, même si on ne peut pas expliquer son fonctionnement. C'est la même chose pour un canular: on n'est pas obliger de tout comprendre pour savoir qu'il est bidon. »

Portrait de Yvan Dutil

Il est assez facile de montrer que l'hydrino n'existe pas en se basant sur des arguments astrophysiques. Il y a tellement d'hydrogène dans l'univers que l'hydrino produirait des raies d'émission visible. Un peu comme la raie à 21 cm de l'hydrogène neutre. Or, on n'observe rien de particulier!