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Echec au tsunami

Jean-Claude Mareschal, le 24 juillet 2006, 6h06

Un an et demi après le grand tremblement de terre de Sumatra, l’Indonésie a de nouveau été frappée par un tsunami. Beaucoup moins meurtrier que le tsunami du 26 décembre 2004, ce dernier désastre, qui quand même fit plusieurs centaines de victimes, illustre bien tristement, et une fois de plus, les insuffisances des systèmes de prévision et prévention des catastrophes naturelles. L’alerte aurait pu être donnée à temps. Des vies auraient pu être sauvées. Malheureusement, il n’en fut rien.

Le tremblement de terre qui a déclenché le tsunami a eu lieu 350km au sud de l’île de Java, a 15 :20 (locale) le 17juillet 2006. Si tout avait bien fonctionné, une petite demi-heure était disponible pour lancer l’alerte sur la rive sud de Java. Malheureusement, le réseau sismologique indonésien a sous-estimé la magnitude du séisme et conclu qu’il n’y avait aucun risque de tsunami. La magnitude d’abord estimée à 6.2 a par la suite été corrigée par le US Geological Survey qui l’a évaluée à 7.7. Cette différence correspond à cent fois plus d’énergie. La première ligne de défense n’a pas fonctionné et, à cause du peu de temps disponible, la catastrophe était devenue inévitable. Le tsunami a frappé la cote sud de Java à 16 :00.

Les capteurs de pression disposés au fond de l’océan ont bien ressenti le passage de la vague, et à 18 :00, le centre de prévention des tsunamis, situé à Hawaii a émis un avertissement à l’intention des cotes australiennes qui ne seront pas touchées.

Ce triste événement illustre quand même que les moyens de prévention existent, que les instruments sont déployés, que les données sont reçues, mais que malheureusement elles ne sont pas toujours bien utilisées. Dans le cas présent, la faillite la plus grave est celle du réseau sismique indonésien qui a sous évalue la magnitude du tremblement de terre. Il faut se rappeler que la même erreur s’était produite le 26 décembre 2006 et qu’il a fallut plusieurs heures pour que soit calculée la magnitude d’un des plus grands tremblements de terre jamais enregistrés. Dans une région aussi active sismiquement et où chaque jour des dizaines de tremblements de terre se produisent, le risque de donner trop de fausses alertes est aussi grand que celui de ne pas donner l’alerte. Il est quand même étonnant que les séismologues indonésiens n’aient retenu aucune leçon du 26 décembre. On peut se demander si une telle erreur se serait produite au Japon. Bien entendu, si on pose une telle question, c’est parce qu’on en connaît la réponse : Très vraisemblablement, non. La raison n’est pas tant le manque d’équipement que le manque d’expertise en Indonésie. Les instruments sont disposés, les données sont reçues, mais il y a pas assez d’experts, pour mettre à jour les systèmes d’analyse des données et les procédures d’intervention. L’Indonésie a une puissante armée et plus de généraux que de séismologues. Mais son gouvernement reste indolent face aux véritables dangers pour un pays exposé aux tremblements de terre, éruptions volcaniques, et tsunamis. Triste constatation : cet aveuglement est partagé par bien des gouvernements de par le monde.

5 commentaires

Portrait de Neuneu

vous n'indiquez pas pourquoi la région victime du tsunami de decembre 2004 n'était-elle pas équipée d'un système de surveillance des tsunamis. vous voudrions bien savoir pourquoi.

Portrait de sirois jodan

ses génialle.

Portrait de tsunami

En Afrique aussi,
et c'est bien pire !

Tu veux qu'on rajoute un nouvel impot ?
Comme celui qui vient d'être ajouté aux billets d'avions ?

D'accord, c'est triste,
mais regarde en France,
on ne sera pas mieux dans quelques années,
quand on aura trop tiré sur la ficelle :
aujourd'hui, pourquoi va t'on travailler en France (je parle des salaires moyens < 1500 euros environ) ?
- pour se nourir ?
Non
- pour se loger ?
Non.

Pour celà, il y a l'Etat.

Donc c'est juste ceux qui veulent plus de confort.
Quand on propose à un RMIst d'aller travailler tous les jours, se lever tot, utiliser un moyen de transport (surtout s'il n'en a pas), se taper 2 heures de trajet,
pour quoi ? 100 euros de plus par moi ?
Et oui, en perdant toutes les aides cumulées, il y perd finalement.

Alors, on peut se lamenter là dessus,
mais en France, ya les c... qui vont bosser pour donner le pain dans la bouche de ceux qui profitent du sytème,
car ce sytème qui est mal fait,
ou plutot son utilisation a été pervertie.
-

Portrait de Anonymous

J'avais pris le Japon comme exemple et non le Canada.
Ceci dit, il faut jeter la pierre. Des pays comme l'Indonésie et le Pakistan dépensent une part très importante de leur PIB pour leur armée (infiniment plus que le Canada) et presque rien pour la prévention des risques naturels. C’est un scandale ! (On a vu à la Nouvelle Orléans que les Etats-Unis ne font guerre mieux !)
En ce qui concerne le Canada, mes collègues au centre géoscientifique du Pacifique (Commission Géologique du Canada) sont très compétents. Leur expertise est reconnue mondialement, y compris au Japon. Le Canada devrait faire beaucoup plus, mais il ne faut pas non plus dénigrer gratuitement.

Portrait de Anonymous

"L’Indonésie a une puissante armée et plus de généraux que de séismologues."

Il ne faut pas lancer la pierre trop vite. Le Canada compte probablement lui aussi plus de généraux que de sismologues capables d'interpréter correctement les données.