C'est le titre d'un colloque auquel j'ai participé au Musée de la Civilisation la semaine dernière. Les discussions qui y ont pris place ont en mis en pièces les idées reçues|

Premièrement, il a été montré noir sur blanc qu'il n'y a pas de pénurie de scientifiques. En effet, si certains domaines le nombre d'étudiants diminue, il progresse rapidement dans d'autres domaines. Ainsi les femmes désistent les sciences naturelles pour se diriger vers les sciences de la santé. Cela a eu pour effet de faire diminuer la proportion de femmes en science et en génie.

En parlant de la place des femmes en sciences, il est à noter que 45% des hommes qui vont à l'université choisissent les sciences ou le génie. Dans ces conditions, il ne faut pas espérer voir les femmes atteindre la parité à moins qu'elles délaissent largement d'autres domaines. Ainsi, la proportion de femmes est passée de 20 à 16% au Québec en génie et à moins de 50% en sciences pures. D'ailleurs à ce niveau, on remarque aussi une diminution progressive du nombre d'hommes allant à l'université. Ce qui ne sera pas sans causer de problème à long terme.

En effet, s'il n'y a pas de pénurie, le Québec occupe l’avant-dernier rang parmi toutes les provinces pour la proportion des diplômes en sciences et génie sur le nombre total de diplômes. Pourtant, le Québec ne semble pas savoir quoi faire de ses diplomés. Ainsi, la cohorte des doctorants de 2003 avait un taux de chômage de 8,5% en sciences pures et de 12% en sciences appliquées, alors que le taux de chômage des diplômes universitaires était de 7,4%! Soit-on en forme trop, soit on ne sait pas les utiliser, soit la formation est inadéquate.

Voici deux reportages sur ce colloque:

Les Années-Lumière

Un article dans le Soleil

Ainsi que deux articles plus anciens sur le gaspillage de talents:

Dans Jobboom

Et dans le Devoir

De quoi, partir tout un débat!