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Vers un moratoire sur le Terminator ?

David Carter, le 1 juin 2007, 14h02

Le 31 mai 2007, Alex Atamanenko, le porte-parole en matière d’agriculture du NPD, a déposé un projet de loi visant à bannir le "Terminator" des champs canadiens. Et là je ne parle pas d'Arnold Schwarzenegger !

Les technologies de restriction de l’utilisation génétique (TRUG) sont destinées à introduire, par transgénèse, un gène qui rend une plante stérile. D’où le surmom Terminator donné par ses détracteurs. Quoique moins discuté, une gène similaire peut aussi être introduit dans un animal.

Conçue par Delta & Pine Land (maintenant une filiale de Monsanto) en partenariat avec le United States Department of Agriculture (USDA) à la fin des années 1990, ces technologies, non encore commercialisées, est maintenant brevetée dans plusieurs pays dont le Canada.

L’industrie mondiale de la biotechnologie agricole est particulièrement favorable à ces technologies. Par exemple, CropLife Canada qui regroupe les développeurs et les distributeurs de la biotechnologie agricole ( ex. Monsanto, Syngenta, BASF) évoque que les TRUG, pourraient minimiser ou même éliminer la dissémination des semences fertiles dans l’environnement et ainsi contribuer à la protection de la biodiversité.

Les opposants évoquent notamment le risque que les grands producteurs de semences puissent contrôler le marché des semences en obligeant les producteurs agricoles d’acheter, à chaque année, de nouvelles semences d’une plante non fécondable/fertile.

Une campagne internationale a été lancée en 2005, par des groupes et des mouvements de la société civile. La campagne a pour but de convaincre les États d’interdire cette technologie à l’échelle nationale et internationale et d’appuyer la lutte contre celle-ci menée par la société civile, les agriculteurs, les peuples autochtones et les mouvements sociaux.Le Brésil et l’Inde ont déjà un tel moratoire.

La position canadienne actuelle est que le gouvernement évaluerait les technologies au cas par cas advenant une demande d’approbation de l’industrie. Notons que la Fédération canadienne de l’agriculture s’oppose « à tout enregistrement de la technologie TRUG par le gouvernement du Canada jusqu’à ce qu’on ait pu évaluer en bonne et due forme les avantages et les inconvénients de cette technologie ».

De son côté, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique recommande: « Qu’en l’absence de données fiables sur les technologies de réduction de l’utilisation des ressources génétiques, sans lesquelles il n’existe pas de base adéquate pour l’évaluation des risques potentiels, et conformément à l’approche de précaution, les produits comportant de telles technologies ne soient pas approuvés par les Parties pour les essais sur le terrain jusqu’à ce que des données scientifiques appropriées puissent justifier de tels essais, ni pour l’exploitation commerciale jusqu’à ce que des évaluations autorisées et scientifiques concernant notamment leurs impacts écologiques et socio-économiques et tous les effets défavorables sur la diversité biologique, la sécurité alimentaire et la santé humaine aient été effectuées de manière transparente, et que les conditions permettant leur utilisation bénéfique et sans danger aient été validées ».

Et vous, qu’en pensez-vous ?

3 commentaires

Portrait de tom

C'est une monstruosité sans précédent, le principe de l'argent plus fort que la vie et la santé publique.

On leur dit qu'on ne veut pas de mal-bouffe, ils nous proposent du "bio" plus cher au lieu de retirer leur merde.

On leur dit qu'on ne veut pas d'OGM, ils nous proposent des "OGM" stériles au lieu de retirer leurs OGM potentiellement toxiques.

Ce qu'on veut, c'est avoir le CHOIX !

Et eux nous donnent le "choix" de payer pour avoir le droit de semer, nous donnent le choix de réutiliser chaque année des semences stériles, nous donnent le choix de payer encore plus si on ne veut pas de semences stériles... Il faut savoir qu'actuellement la traçabilité des OGM est merdique ! Les revendeurs de soja aux producteurs (pour l'alimentation animale pour le moment) sont incapables de dire s'il s'agit de la filière OGM ou non... :(((

Portrait de Anonymous

Bonjour Valérie,

Le gène barnase peut être utilisé.

Pour ce qui est de la production de semences par les agriculteurs des pays industrialisés, celle-ci ne peut pas se faire avec le maïs (OGM ou non) car les agriculteurs utilisent des variétés hybrides (issues de croisements) donc leurs semences n'auraient pas nécessairement le même bagage génétique.

David

Portrait de Valérie

La question n'est pas facile.
1)Est-ce qu'on veut que le pollen issu d'OGM aille se promener dans la nature et dans les champs de plantes Bio ou non-OGM? Les détracteurs des OGMs sont les premiers à dénoncer un risque de diminution de la biodiversité à cause des OGMs. Alors il faut savoir ce que l'on veut.
2)Est-ce qu'on veut que Monsanto exerce un monopole sur la vente des semences aux agriculteurs? Certes non! Les agriculteurs doivent garder la possibilités de produire leur semences.
Je crois que le problème ne vient pas du gène Terminator lui-même mais des techniques commerciales abusives de Monsanto. Dans son domaine, est-ce que Microsoft ne fait pas la même chose?
Une solution? Je ne connais pas dans le détail le principe du Terminator. Est-ce que c'est le gène Barnase? Dans ce cas-là, on peut réverser la stérilité avec le barstar. Les agriculteurs devraient avoir accès gratuitement au barstar pour pouvoir continuer à produire leur semence.