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Discutez avec notre expert : Jacques Weber !

Agence Science-Presse, le 4 octobre 2007, 9h47

Quelles sont les conséquences économiques, sociales, mais aussi philosophiques, du rôle joué par les humains dans les interactions du monde vivant ? Et comment protéger la biodiversité qui se trouve surtout dans les pays les plus pauvres, au Sud, alors que les connaissances demeurent dans les pays les plus riches, au Nord ?

Voilà les questions que soulevait l’économiste anthropologue Jacques Weber, dans le cadre d’une conférence « Les humains dans la biodiversité » présentée ce soir au Cœur des sciences de l'UQÀM. Venez poursuivre cette discussion avec M. Weber en cliquant sur le bouton "Ajouter un commentaire" ci-haut. Il répondra à vos questions et réagira à vos commentaires sur ce blogue jusqu’au lundi 8 octobre ! Bienvenue !

13 commentaires

Portrait de GUINET MICHEL

QUESTION PRECEDENTE ADRESSEE A JACQUES WEBER

Portrait de guinet michel

Il y a quelque temps, je m'étais intéressé au devenir de l'Antarctique, puissant symbole par rapport aux bases fondamentales du comportement humain. J’avais pris contact au plus haut niveau en métropole et eu quelques échanges avec de hauts responsables. Il m’avait semblé qu’il convenait de créer un groupe de réflexion, car les comportements de l'homme sont essentiellement basés sur les notions de profit, que ce soit pour des objectifs personnels ou même souvent pour d’autres objectifs dits « altruistes ».
Ces notions de profit sont infiltrées à tous les niveaux. On les retrouve même en étudiant les activités et les hommes de certains instituts, ou des démarches mondiales de toutes sortes qui devraient relever de l’écologie, et aussi au niveau des actions médiatisées de personnes très connues qui touchent par exemple au domaine de l’exploration. Nous retrouvons vraiment, de façon constante, ces notions de gain personnel, et parfois dans des circonstances fort inquiétantes lorsqu’il s’agit d’Instituts, d’institutions d’Etat ou de centres de recherche.
Ces réflexes de profit sont une véritable plaie humaine !

Les personnes qui agissent de façon totalement désintéressées sur cette planète représentent-elles 1% de la population ?. Ce 1% doit peut-il faire bouger les 99% autres ?
Actuellement c’est l’angoisse du lendemain qui mobilise les gens plus que des notions de respect.

Sans l'émancipation d'idées fondamentales de type philosophique, nous ne parviendrons pas à stabiliser et garantir l'avenir de notre planète.
Bien entendu nous ne pouvons pas de but en blanc proposer des réflexions philosophiques au tout venant, et l'attitude pragmatique est plus productive dans l'immédiat. Elle est indispensable.

A longue échéance, les bienfaits souhaités par toutes ces démarches écologiques actuelles fort justifiées, seront insuffisants à stopper l'évolution néfaste des choses. Il convient de revoir en profondeur ces notions de profit et aller plus loin que de proposer des législations, des répressions ou des restrictions. Certes l’aspect éducatif est lui aussi indispensable, mais il doit aussi se baser sur quelque chose de plus profond.

A notre époque toute notion philosophique est mise en sourdine par "nécessité publique" je dirais, pour ne pas effaroucher un public qui demande à être flatté. Il convient donc s’atteler à développer la remise en question de la population en faisant au départ participer un grand nombre de personnes dynamiques et de haute compétence, et non pas forcément les « politiques de base » qui n’ont pas toujours réfléchi sur le sujet.

C’est à ce prix que pourra enfin se répandre les principes d’une écologie dans l’éthique des comportements fondamentaux.

Qu’en pensez-vous ?

Portrait de Jean-Marie Fortin

Bonjour M.Weber,

pouvez-vous me dire de quelle façon crée-t-on une blogue ? Y-a-t-il un mode d'emploi ?

Merci de votre attention,

Jean-Marie Fortin

Portrait de Jacques Weber

Bonjour, Quentin,

En grande partie d'accord avec vous. Mais je ne crois pas à la génération spontanée, pas plus en économie qu'ailleurs.
Le système économique actuel, fondé sur la taxation du capital manufacturier et du travail, incite littéralement à la destruction des ressources et de la planète, celles-ci se faisant à coût nul.
Exemple: les rejets de captures accessoires dans les pêches ne sont assujetties à aucun coût.

La proposition ( qui n'est pas de moi, mais est déjà à l'oeuvre notamment en Suède) consiste à remplacer les taxes existantes par des taxes sur les prélèmements dans la nature.
Voyez le site internet du Millenium ecosystem assessment http://www.millenniumassess...

Bien cordialement,

Jacques Weber

Portrait de Jacques Weber

Bonjour, Yvan (Dutil)

Il est exact que la croissance soit transitoire, entre deux états d'équilibre, selon la thérorie, elle-même étroitement inféodée au concept d'équilibre...
Le problème est de savoir comment il serait envisageable de vivre dans une société à croissance zéro: ce serait une révolution sociale aux effets collatéraux impossibles à prévoir ! Il n'est que de voir la crise que génère un simple "ralentissement" de la croissance...

Bien cordialement,

Jacques Weber

Portrait de Jacques Weber

Bonjour, Pascal,

Vous avez là un jugement dépassé, opposant prise en compte de la biodiversité et profit à long terme.
Le travail entrepris a montré aux entreprises frnaçaises qu'elles dépendaient en très grande partie de la biodiveristé pour leur production, donc pour leurs profits. A partir de là, il ne s'agit plus de choix mais de condition de production. Et c'est un langage que tout actionnaire comprend, que si les conditions de production se dégradent, les profits aussi.

Bien cordialement,

Jacques Weber

Portrait de Jacques Weber

Bonjour, André (Cotte)
L'impact du changement climatique sur la biodiversité est considérable, et toute action immédiate aura des résultats dans...50 ans.
Je crois bien que la survie de l'espèce humaine est en jeu. Pour autant, il me semble possible d'agir pour amoindrir dans un premier temps, inverser ensuite, les tendances actuelles. Pour le climat, c'est possible. Par contre, la disparition d'une espèce est un fait à jamais irréversible. L'érosion de la biodiversité est un enjeu au moins aussi grave, sinon plus en raison de l'irréversibilité, que le changement climatique.

Bien cordialement,
Jacques Weber

Portrait de Weber Jacques

Bonjour, Stéphanie,

C'est surtout par leurs prélèvemnts de matirèes premières qu'ils contribuent à la dégradation de la biodiveristé, ainsi que par la valorisation au Nord de ressources prises au "Sud".
Jacques Weber

Portrait de Quentin

Peut on dire que le système économique occidentale est une cause importante du déreglement climatique ?
Le système économique actuel qui semble basé sur une augmentation de la consommation est-il compatible avec la sauvegarde de l'environnement ?
Peut-on imaginer une économie libérale qui ne pousse pas à plus de consommation (d'énergie) mais au contraire pousse à l'économie et incite à se satisfaire de l'essentiel ?
Y a-t-il des actions politiques envisageables pour aller dans ce sens ou faut-il tout changer radicalement ?

Portrait de Yvan Dutil

Pascal,

Les entreprises ont beau vouloir être plus vertes, les problèmes fondamental est celui de la croissance. Or, la croissance ne peut que transitoire, même la théorie économique est claire là-dessus.

Portrait de Pascal

Je n'ai pas assisté à votre conférence, mais j'ai pu lire que vous attachez une grande importance à la prise de conscience, par l'entreprise privée, de l'importance d'une gestion plus "verte".

Bien que tout le monde soit d'accord avec cette prémisse -beaucoup d'écologistes rêvaient d'ailleurs depuis longtemps de voir les compagnies "monter dans le train" de l'environnement- ne craignez-vous pas que ces compagnies seront rapidement déchirées entre cette vision à long terme et les pressions des actionnaires, qui réclament des profits à court terme?

Portrait de André Cotte

Le réchauffement climatique nous préoccupe tous. Dans quelle mesure cela affectera-t-il la biodiversité? L'espèce humaine peut-elle réagir à temps face à cette catastrophe imminente.

Personnellement, je commence à en douter. Je crains que nous agissions trop tard.

Bref, avez-vous confiance dans la capacité des humains de faire survivre leur propre espèce?

Portrait de Stéphanie Lalut

Bonjour!

Comme je ne peux pas assister à la conférence de ce soir, j'aimerais bien savoir ce que M. Weber pense de notre responsabilité sociale concernant les transactions commerciales "nord-sud". Est-ce principalement par leurs achats que les populations des pays développés influencent la biodiversité de ces régions?

Merci!