Dans le dernier numéro d’ Atlantic Monthly, on retrouve un dossier sur les risques d’impact météoritique; dans le dernier numéro de Scientific American, on retrouve un article sur l’impact de Tunguska en 1908; et pour compléter ce tableau, l’Agence Spatiale Canadienne a annoncé qu’elle lancerait un microsatellite pour surveiller les objets passant près de la Terre NEOSSAT.

Signe d’une vison apocalyptique millénariste retardataire cet intérêt soudain pour les impacts météoritiques. Par vraiment! Il s’agit plutôt du sujet de recherche d’un petit groupe d’astronomes et de géologues. Cependant, ce sujet d’étude est étonnement récent. En effet, ce n’est qu’en 1803 que la communauté scientifique admet pour la première fois que des météorites puissent tomber du ciel suite à une suite massive de météorite dans la commune de l’Aigle en France. Le rapport d’enquête écrit par Jean-Baptiste Biot lèvera les derniers doutes sur l’existence du phénomène. Deux ans plus tôt, on avait découvert le premier astéroïde, Céres.

Dès lors, on est prêt à accepter que des pierres tombent de temps à autre sur Terre. Cependant, il faudra attendre les années soixante pour que le géologue américain Eugène Shoemaker prouve qu’il peut y avoir des impacts dévastateurs encore aujourd’hui. Avant lui, on considérait que même les cratères lunaires étaient d’origine volcanique. Il faut dire que le premier astéroïde géocroiseur Appollo ne fut découvert qu’en 1862 et même dans les années soixante on ne connaissait qu’une poignée de ces objets.

Sans faire de jeu de mots grossiers, on peut dire que l’intérêt pour les impacts météoritiques a explosé en 1994 alors qu’une série de fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 se sont écrasés sur la planète Jupiter. Les explosions spectaculaires visibles à l’œil nu ont frappé l’imaginaire à une époque où l’Internet commençait à se développer ce qui a permis une transmission en direct des images à partir des observatoires de toute la planète.

Suite à cet impact, les programmes de recherche d’astéroïde LINEAR, NEAT, LONEOS ont démarré. Depuis, la quantité d’objets connus a largement augmenté, si bien qu’il reste peu d’astéroïdes de plus de 1 km qui sont encore indétectés. Aujourd’hui l’objectif est de détecter 90% des astéroïdes de plus de 140 m de diamètre, taille suffisante pour causer une catastrophe régionale.

Il fat savoir que la Terre subit de nombreux impacts de météorite par année. Ainsi, on estime qu’il y a une explosion de 5 kt tous les ans et une de 1 Mt (pouvant causer des dommages au sol) par siècle. Un événement comme Tunguska se produit tous les 400 ans en moyenne. S’il ne s’agit pas d’un risque très important, il n’est tout de même pas négligeable. En effet, la probabilité de mourir des suites d’un impact de météorite est de même ordre de grandeur que de celle de mourir dans un accident d’avion au cours de sa vie. Cela justifie à tout le moins un minimum de recherche dans le domaine.

Nous verrons que ce niveau les astronomes n’ont pas chômé!