Quand j’étais petit, je croyais qu’on pouvait trouver une solution à n’importe quel problème… Mon grand-père est malade, le médecin va trouver le bobo… L’auto de maman va mal, le mécanicien va trouver ce qui cloche… On manque d’électricité à la maison, un monsieur va monter dans un poteau et ensuite, tout redeviendra normal…

Une fois ma naïveté enfantine passée (i.e. pendant mon baccalauréat !), j’ai réalisé à quel point il y avait du travail derrière chaque « résolution de problème » ; en effet, plusieurs personnes travaillent à développer les connaissances et l’expertise requise pour faire en sorte que tout fonctionne bien autour, et bien souvent, nous ne sommes même pas conscient de l’ingéniosité qui se cache derrière le fait d’avoir « l’eau courante », de pouvoir se faire enlever la vésicule biliaire sans trop de problèmes et traverser l’Atlantique en moins de sept heures… Toutefois, depuis que j’occupe un poste de chercheur, que je participe à l’ébauche de projets d’acquisition de connaissances et que j’encadre une équipe de recherche, une autre réalité m’a frappé de plein fouet : chercher, ça coûte cher, et l’argent est difficile à obtenir… Il faut donc être compétitif et adresser de bons thèmes de recherche.

Mais quelle est la priorité accordée à la recherche dans notre société ? Est-ce que les chercheurs sont davantage des « rêveurs », des « savants fous », des « rats de bibliothèque », des « bâtisseurs » ? Comment sommes-nous perçu ? Est-ce bien vu d’être financé par des organismes publiques ?

Afin d’y voir plus clair, j’ai réalisé mon petit sondage « maison » en questionnant mon entourage (i.e. famille, amis, étudiants et collègues, un échantillon biaisé certes, mais tout de même représentatif de la diversité québécoise), en demandant : « Quelle part de vos impôts seriez-vous prêts à voir investie dans la recherche et le développement en sciences, en comparaison aux autres grands besoins gouvernementaux ? » Naturellement, selon la majorité des répondants, la santé et l’éducation sont les secteurs prioritaires où investir l’argent issu des impôts, tandis que l’environnement et la recherche en sciences naturelles se classent loin derrière la réfection des routes et le renforcement de la sécurité publique…à mon grand désarroi ! Bien que ce constat n’est pas scientifiquement supporté par une firme de sondage établie ou par un protocole rigoureux, j’ai été interpellé par le message qu’il transporte. On souhaite guérir les grandes maladies et on est prêt à donner beaucoup pour ce faire (e.g. les sommes faramineuses recueillies par divers téléthons), mais le lien entre l’environnement, la santé publique et le bien-être (individuel et social) n’apparaît pas comme une priorité dans l’esprit de bien des gens. Pire encore, dans mon cas, la recherche qui s’intéresse au fonctionnement des écosystèmes et à la conservation de la biodiversité semble encore être un caprice pour plusieurs personnes ; on m’a même confié qu’étudier la faune était un « loisir de pays riche », sauf si c’est pour produire plus de truite ou d’orignal… En résumé, beaucoup de travail reste à faire de la part des chercheurs pour convaincre la population du bien fondé de la recherche en environnement ou en conservation de la faune, dans le but de favoriser le financement de la recherche et l’acquisition de connaissances.

En réponse à ce billet, chers lecteurs, je vous invite à réfléchir sur cette question et à me faire part de vos commentaires sur l’importance que vous accordez au financement de la recherche. Je vous reviendrai prochainement avec mon opinion sur la question… Bonne réflexion !