Une récente découverte pourrait marquer un pas important dans le combat livré au sida par les chercheurs. La recherche d’une équipe allemande, parue dans le prestigieux New England Journal of Medicine , a pourtant été presque ignorée des médias d’ici. Seule La Presse lui a réservé un espace plutôt mineur dans les pages intérieures de son édition du dimanche 1er mars dernier. Pourtant, le Dr Réjean Thomas y déclarait, enthousiaste, que c’était « une des plus grandes découvertes dans l'histoire du sida depuis longtemps ». Il est toujours étonnant de constater à quel nos médias mettent l’accent sur certaines nouvelles (pensons à l’hystérie entourant la listériose), mais en oublient complètement d’autres qui sont pourtant d’une importance capitale.

La nouvelle oubliée est la suivante. L’équipe du Dr Gero Hütter aurait réussi à « guérir » un patient séropositif au moyen d’une greffe de moelle osseuse. Une greffe particulière, puisque provenant d’un donneur ayant une mutation sur le gène de la protéine CCR5. Or, cette protéine permet au VIH d’infecter nos cellules : le donneur porteur de cette mutation est donc résistant au virus, une résistance particulière qui est présente chez environ 1% de la population caucasienne.

Grâce à la greffe, les cellules immunitaires du patient ont progressivement été remplacées par des cellules possédant la mutation du gène CCR5, résistantes à l’infection. Plus de vingt mois après la greffe, et malgré l’arrêt des traitements antirétroviraux, le patient est aujourd’hui considéré comme séronégatif.

Bien entendu, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il ne s’agit que d’un seul patient, et il est encore difficile de dire si le virus se cache encore dans son organisme. De plus, la greffe de moelle osseuse est un procédé complexe et risqué, qui ne peut pas être envisagé comme traitement à grande échelle. Sans compter que les donneurs ne courent pas les rues. Malgré tout, ces résultats ravivent l’espoir de vaincre un jour cette maladie qui tue plus de deux millions de personnes chaque année.