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Discutez avec nos experts! - Communication animale : La voix de sa mère

Actualités, le 4 novembre 2010, 18h11

Comment une mère et son petit arrivent-ils à se reconnaître? À partir de quel âge et pour combien de temps? Et comment les systèmes de reconnaissance entre individus évoluent-ils en fonction des structures sociales de chaque espèce? Vous avez une semaine pour en discuter avec notre experte, Isabelle Charrier.

Ce billet s'inscrit dans le cadre d'un événement présenté le 4 novembre au Coeur des Sciences de l'UQÀM: Communication animale : La voix de sa mère.

Une invitation à découvrir des processus remarquables de communication, notamment chez les lions de mer, les otaries, les phoques et les morses.

Isabelle Charrier est bio-acousticienne, chercheuse au CNRS et membre de l'équipe Communications acoustiques dans le laboratoire de Neurobiologie de l'apprentissage, de la mémoire et de la communication à l'Université Paris Sud. La bio-acoustique est l'étude de la signification des sons émis par les animaux. Isabelle Charrier fait figure d'autorité en la matière, surtout en ce qui a trait aux pinnipèdes: otarie, morse, phoques et lions de mer. Ses travaux sur la communication chez l'otarie à fourrure de l'île d'Amsterdam en Australie ont fait l'objet de publications dans les revues Nature et Animal Behaviour. Il s'agissait de la première étude sur la communication acoustique chez les mammifères vivant dans des milieux environnementalement très contraignants.

Ce qui ressort avec le plus de force de ces études? C'est que l'audition est véritablement le sens qui assure la survie chez les pinnipèdes.

Vous avec assisté à la conférence et vous voulez en savoir plus? Vous n'avez pas assisté à la conférence et vous avez des questions? Des commentaires? Des interrogations sur notre sujet? Vous êtes au bon endroit: Isabelle Charrier répondra à vos interventions, jusqu'au 11 novembre.

7 commentaires

Portrait de Ppiano

Bonjour,
Lors de vos recherches, avez-vous fait des parallèles des animaux qui n'ont pas d'ouïe?
Ou encore avec des animaux qui naissent sourds ou ont une mère muette?

Portrait de icharrier

Bonjour,

Non, nous n'avons pas fait de parallèles avec des animaux qui n'ont pas d'ouïe. Pour l'instant, nous tentons de décrypter les systèmes de reconnaissance vocale d'espèces qui entendent. Par contre, nous avons un modèle, le phoque commun, qui est intéressant car la mère n'émet pas de cris à priori dans les relations mère-jeune. C'est assez étonnant pour un pinnipède, car chez toutes les autres espèces, les mères produisent des cris pour appeler leur petit, donc c'est un modèle intéressant en cela. Nous allons voir si le fait que ces mères ne crient pas a un impact sur la reconnaissance, et surtout s'il y a eu d'autres sens plus développés chez le jeune, qui ne peut pas la reconnaitre vocalement.

Portrait de nguimond

Excellente question! :)

Portrait de icharrier

J'étudie les processus de reconnaissance entre la mère et son jeune chez les pinnipèdes, c'est à dire comprendre comment une mère et son jeune peuvent se reconnaître par leurs vocalisations, quand cette reconnaissance se met en place, quelles sont les paramètres acoustiques de la voix qui permettent cette identification vocale individuelle.

Portrait de nguimond

Et vers quoi semblent tendre les résultats, jusqu'ici? Je veux des détails, en fait!

Portrait de icharrier

Il est encore un peu trop tôt pour tracer des conclusions, mais il semble que nous obtenons une gradient réciproque entre la force des pressions de sélection pour une reconnaissance mère-jeune et la complexité des signatures individuelles. En résumé, plus une espèce a de fortes nécessité pour une reconnaissance entre la mère et son jeune, plus le système de reconnaissance est complexe: mise en place rapide de la reconnaissance, forte stéréotypie des cris, signature individuelle multi-paramètrique (sécurité accrue de l'identité individuelle).
Quand nous aurons étudié plus de modèles, nous pourrons réellement démontrer que ce sont les contraintes environnementales et biologiques (et non la phylogénie) qui déterminent les caractéristiques des systèmes de communications et donc de reconnaissances individuelles. Deux espèces phylogénétiquement éloignés, mais ayant des besoins similaires pour une reconnaissance parents-jeune ont pu adopter le même système de reconnaissance.

Portrait de Actualités

Bienvenue Isabelle! Et si tu décrivais d'abord plus en détails tes recherches actuelles?