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Sexe à bord!

Jean-Pierre Urbain, le 13 décembre 2010, 10h31

«Je fus réveillé au son d'une musique rock. [...] J'avais une érection si intense qu'elle en était douloureuse. J'aurais pu percer du béton. Au final, sur quinze réveils dans l'espace lors de mes trois missions spatiales, mon pantin de bois était là presque à chaque fois pour m'accueillir.» - (Mike Mullane, astronaute de la NASA. Extrait de son livre intitulé Riding Rockets: The Outrageous Tales of a Space Shuttle Astronaut)

La sexualité dans l'espace est un sujet méconnu et très peu abordé. Pourquoi? Parce que les autorités des agences spatiales ont résolu dès les débuts de l'aventure d'éviter de traiter de l'aspect personnel des missions. Sauf cas fort exceptionnel, aucune information n'est jamais divulguée sur l'état de santé des astronautes et des cosmonautes.

Malgré tout, abordons le sujet des relations sexuelles dans l'espace à la lumière des principes de la physique.

Le contexte terrestre par opposition au céleste

Sur Terre, les voyages en train, en bateau ou en avion n'ont jamais empêché les transports amoureux. Il en va tout autrement dans une capsule spatiale. En orbite, un paramètre essentiel est absent: la pesanteur. Il est possible que son absence ne gêne pas trop les insectes ou les grenouilles, mais il en ira tout autrement avec les mammifères.

La question est importante puisqu'une des principales justifications à la Station spatiale internationale est d'étudier le comportement humain pour des vols interplanétaires de très longue durée. On prépare intensivement la colonisation du système solaire. Ce sera d'abord la Lune et rapidement on s'installera sur Mars.

Mais, pour que ces projets soient réalisables, il faut que la reproduction de l'homme et celle de l'animal soient possibles dans l'espace. La reproduction humaine permettra de peupler de lointaines planètes. Le coût et la durée des voyages interplanétaires et la capacité limitée de chaque vol (quinze passagers maximum), excluent qu'une fois partis, les émigrants reviennent sur Terre de façon régulière. Ils devront s'installer là-bas à demeure et faire des petits.

Dans l'espace, pas de problème de poids

Sur Terre, tous les animaux sont soumis à la pesanteur. C'est ce qui leur donne un poids. Ce poids conditionne ensuite toute leur vie physique: aussi bien la circulation et la pression sanguine que la structure du squelette, la nature des articulations ou la stabilité musculaire. Sur Terre, la gravité maintient davantage de sang dans nos jambes. En orbite, le sang est également distribué dans nos corps. Pour les hommes, le résultat est un effet Viagra. Mais il y a aussi des effets bénéfiques pour l'anatomie féminine: cela produit des mollets et des cuisses plus fines, et des seins plus gros et non tombants.

Quitter la Terre, c'est dépaysant

Dans l'espace, il n'y a plus de pesanteur les cosmonautes, hommes ou femmes sont soumis aux seules lois de la mécanique céleste, sans qu'il y ait prépondérance écrasante de l'une d'entre elles. Au sol, l'attraction universelle est rendue démesurée du fait que la masse de la Terre vaut environ 80 000 milliards de milliards de fois celle d'un homme. Quotidiennement la gravitation nous masque les autres forces. La force centrifuge due à la rotation de la Terre, l'attraction qu'exerce sur nous l'édifice ou nous nous trouvons n'influencent en rien nos activités régulières.

Un individu qui réalise un voyage interplanétaire ne sent plus son «poids». Cependant il conserve sa masse. Il contient toujours la même quantité de matière. Par ailleurs, sa physiologie demeure elle toujours la même. Le corps est décontenancé, habitué qu'il était à composer avec la pesanteur. L'individu vit une situation complètement anormale. Ces rapports amoureux n'en seront pas facilités.

Au chapitre de l'étonnement, le principe d'action et de réaction va se manifester sans cesse. Au moindre mouvement, une force opposée de même amplitude se fera sentir. Dans la vie de tous les jours, il est facile de pousser un meuble, parce que la réaction opposée à cette action est équilibrée par l'adhérence des semelles de nos chaussures sur le plancher. Cette adhérence sera plus forte lorsque notre poids est plus élevé. Par ailleurs si nous chaussons des patins à roulettes, il sera quasi impossible de bouger le meuble. On pousse dessus et on part en arrière.

La situation est bien pire dans l'espace. Sur Terre, nos patins à roulettes, touche le sol. Dans l'espace on se trouve privé de tout point d'appui. Cela ne va pas faciliter l'accouplement entre mammifères alors que mâles et femelles flottent dans la capsule...

Laissez passer les primates

Les primates, dont l'homme, sont privilégiés, car ils ont des mains qui leur permettent de s'accrocher à leur partenaire. Cependant les nécessaires oscillations périodiques lors de l'accouplement vont engendrer des accélérations propres à donner le tournis, et par voie de conséquence, à faire retomber la plus belle érection. Le vertige sensuel risque de se transformer en vertige tout court.

Que se passe-t-il présentement à bord de la Station spatiale internationale ? Quelles relations les occupants ont-ils entre eux ? Des couples mariés ont-ils déjà séjourné dans l'espace ?

À toi maintenant de faire enquête...

5 commentaires

Portrait de Guillaume Cyr

Je trouve l'article problématique en quelques points :

D'abord, le titre et le début du texte porte à confusion, car on peut croire que l'article traitera de sexualité. Pourtant, il ne traite que de reproduction. Chez l'humain, comme chez quelques autres animaux, la sexualité et la reproduction sont séparées. Il est triste de réduire la sexualité et les rapports amoureux à un simple mouvement d'oscillation entre un homme et une femme. Il existe une diversité de manière de vivre une sexualité, que ce soit entre deux, trois ou plusieurs femmes, hommes, personnes non genrées, personnes trans, ou que ce soit les caresses, les fellations, la masturbation, les baisers, se lécher, se pincer. La manière dont l'article suggère le rapport sexuel est digne d'un film porno mainstream qui nous recrache sans cesse la même finalité : la pénétration vaginale et le plaisir de l'homme.

Puis, on présente les différents effets de la pesanteur sur l'anatomie masculine et féminine :

«Pour les hommes, le résultat est un effet Viagra. Mais il y a aussi des effets bénéfiques pour l'anatomie féminine: cela produit des mollets et des cuisses plus fines, et des seins plus gros et non tombants.»

Or, laissant croire que l'érection est le propre du masculin, on oublie que les femmes aussi peuvent avoir des érections! Surtout considérant la taille souvent ignorée du clitoris. Puis, comme justifier qu'une finesse des mollets et des cuisses représente un caractère de beauté féminine autrement que dans un cadre sexiste? Et des seins plus gros!? On tombe carrément dans les stéréotypes vulgaires.

Bref, l'article suggère que l'homme a bien du plaisir à avoir des érections et qu'il pourrait avoir de la difficulté à éprouver du plaisir en apesanteur, alors que la femme peut bien se contenter de voir son corps se conformer aux standards de beauté érigés pas un système capitaliste sexiste.

Portrait de nguimond

Juste une petite précision: c'est un billet de blogue, pas un article. ;)

Portrait de Marise Murphy

Bref, tous les Guy Laliberté de ce monde devront y penser deux fois plutôt qu'une avant de réserver leur voyage de noces dans l'espace !

Portrait de nguimond

Fort instructif, que tout ceci! Merci Jean-Pierre! :)

Portrait de Pierre-Alexandre Turgeon

Voici une petite vidéo intéressante qui aborde la question. N'empêche que si la NASA a voulu garder le sujet tabou pendant toutes ces années, la problématique est bien réelle si on veut aspirer à coloniser l'espace...

http://www.youtube.com/watch?v=m3NmWta5ckw