Des chercheurs de l'Institut de nanotechnologie de l'Université Bar-Ilan de Tel-Aviv (Israël) ont mis au point une méthode servant à donner des propriétés antibactériennes à des surfaces de papier. En plus des nouvelles applications que cette méthode pourrait avoir dans les secteurs biomédicaux et pharmaceutiques, ceci ouvre la porte à la fabrication d’emballages alimentaires antibactériens qui pourraient être utiles dans la conservation des aliments.

Les propriétés antimicrobiennes de l’argent sont connues depuis très longtemps en médecine. Les composées à base d’argent s’attaquent aux enzymes et aux protéines bactériennes, tout en perturbant l’intégrité des membranes en altérant leurs fonctions. L’argent empêche donc la croissance des bactéries et les tue.

Pour leurs parts, les chercheurs israéliens ont utilisé des radiations ultrasoniques pour fixer une mince couche de nanoparticules d’argent (50 000 fois plus mince qu’un cheveu) à la surface d’un papier. Cependant, ce n’est pas la première fois que les nanoparticules d’argent sont utilisées de la sorte. Dans le secteur biomédical, elles servent déjà dans la fabrication de surfaces et de textiles antibactériens (pansements, cathéters, masques, instruments chirurgicaux, etc.). Toutefois, c’est la première fois que les nanoparticules d’argent sont appliquées sur des surfaces de papier.

Étant un des principaux matériaux d’emballage utilisé dans l’industrie agroalimentaire, le papier est susceptible de contaminer les produits. Ainsi, selon les auteurs de cette recherche, le papier contenant des nanoparticules d’argent pourrait se présenter comme une alternative aux méthodes actuelles de préservation alimentaires. De plus, ce nouveau papier possède une activité contre les bactéries Staphylococcus aureus et Escherichia coli, deux agents infectieux d’importances impliqués dans la majorité des infections alimentaires. Ce papier pourrait également contribuer au développement de biocapteurs servant à détecter les bactéries et leurs toxines, comme c’est le cas présentement avec les biocapteurs faits à partir de nanoparticules d’or ou de carbone.

Aujourd’hui, après des dizaines d’années d’utilisation médicale d’antibiotiques – uniquement basées sur des diagnostics sémiologiques qui ne prenaient que rarement en considération l’agent infectieux – nous observons de plus en plus l’émergence de bactéries multirésistantes. Bien que l’utilisation actuelle des antibiotiques soit beaucoup plus responsable, le tors est déjà causé. Ainsi, le développement de nouvelles alternatives aux antibiotiques pour le contrôle microbien est toujours bien accueilli. Cependant, cette expérience nous enseigne à rester prudents devant ces nouveaux composés, histoire de ne pas répéter les mêmes erreurs.

Source: Sonochemical Coating of Paper by Microbiocidal Silver Nanoparticles

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Patrick D. Paquette, microbiologiste, RMCCM Consultant en prévention des infections

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