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Faut-il arrêter de manger?

Equipe OGM, le 9 février 2011, 11h29

Ou même de respirer, de sentir les fleurs, d’utiliser des produits d’hygiène personnelle, voire de se soigner? À lire certains articles, la manipulation génétique est telle que nous faisons face à des dangers omniprésents. Chaque aliment, frais ou préparé industriellement, chaque médicament, poserait un danger pour la santé des humains et des animaux.

© La Fabrika Pixel S.l. | Dreamstime.com

Qui n’a pas entendu parler des organismes génétiquement modifiés (OGM)? On se souvient tous de Dolly, la brebis clonée en 1997 qui avait lancé le débat sur la génétique. Dolly n’était pas un OGM puisqu’elle avait été clonée à partir d’une brebis adulte, mais plus récemment, Polly, une brebis transgénique a été « confectionnée » par une multinationale pour donner du lait qui contient un médicament contre l'anémie. D'ailleurs, d’autres études sont en cours pour créer des animaux dont les organes seront compatibles aux humains. On veut faire des animaux des banques d'organes pour les humains.

Quant aux aliments que l’on consomme, ils contiennent pratiquement tous des OGM. Les légumes sont plus gros, plus beaux, dépourvus de parasites, mais sont-ils aussi sains qu’ils en ont l’air? Nul ne le sait réellement. Il n’y a pas assez de recul pour constater leur innocuité. Et avec la campagne qui a cours pour une meilleure santé, on encourage la consommation de 8 portions de fruits et légumes par jour qui pourraient finir par nous tuer!

La raison d’être des OGM est peut-être louable, puisque l’intention des scientifiques était d’accroître le rendement des espèces pour suffire à la demande d’une population humaine de près de 9 milliards d’habitants, d’augmenter la taille et la qualité des fruits et céréales tout en en diminuant le temps de germination, et d’en éliminer la toxicité. Quant aux animaux, on essaie d’accroître leurs performances et de les rendre plus résistants aux maladies.

Toutes ces manipulations génétiques ont eu pour résultat de rendre certaines plantes résistantes à des virus plus agressifs, et à bourrer les animaux de produits antibiotiques qui finissent dans nos assiettes.
Poissons et fruits de mer, viandes, et même légumes et fruits, tout est potentiellement dangereux.

Aujourd’hui, la règlementation n’encadre pas suffisamment ce secteur et on n’a pas assez de recul pour savoir si les OGM sont réellement inoffensifs. À vouloir trop jouer au Bon Dieu, l’homme risque de s’autodétruire à petit feu.

- Gladys G.

Ce billet a été écrit dans le cadre d'un travail d'équipe pour le cours RED2301 - Problèmes de vulgarisation, donné par Pascal Lapointe, à l'Université de Montréal à la session d'hiver 2011.

5 commentaires

Portrait de vlevee

Il est vrai que les OGM ne sont pas suffisamment encadrés et que les lobbys sont puissants pour ne pas les encadrer mieux.
J'ai cependant quelques questions:
- Le moratoire sur la transformation génétique des animaux en vue de faire des organes pour les humains aurait-il été levé?
- Les OGM mis en marché sont à 99% du maïs grain, du canola, le soya et du cotton. Pourquoi les «8 portions de fruits et légumes finiraient-elles par nous tuer» ?
- Les plantes transgéniques ont pour la plupart été génétiquement modifiées pour être résistantes aux insectes et/ou aux herbicides. Quel est le rapport avec des plantes résistantes aux virus?
- Il n'y a pas actuellement de bétail transgénique. Est-ce réellement à cause des OGM qu'on «bourre les animaux d'antibiotiques»?

Valérie

Portrait de Opinio juris

En droit, il existe un concept bien important quant aux innovations aux impacts mitigés: le Principe de précaution. En ce qui concerne les OGM, cedit principe de précaution est consolidé dans le Protocole de Cartagena depuis le 29 janvier 2000. Il existe donc un cadre législatif autour du débat sur les OGM. Par contre, lui-même producteur d'OGM, le Canada est parmi les rares qui n'ont pas entériné le Protocole (négocié à Montréal d'ailleurs). Choix politique, ou encore économique... Plutôt que de s'attaquer ad libitum à un lobby extrêmement puissant - et par ailleurs avec des arguments scientifiques pas plus rigoureux que ceux du camp adverse - devrions-nous peut-être avancer par étape? La signature du Protocole de Cartagena serait déjà un bon pas vers l'application du principe de précaution et vers une saine gestion des OGM au Canada.

Jean-Raphaël C.G.

Portrait de dcarter

Selon deux études, le panier d'épicerie québécois contiendrait environ 3 % d'OGM. Au Canada, les OGM cultivés sont en grande majorité des variétés de soya, maïs-grain et canola. Aucune variété de légume génétiquement modifié n'y est cultivé. Les légumes "plus gros, plus beaux, dépourvus de parasites..." auquels vous faites référence sont obtenus par des méthodes d'amélioration traditionnelles.

David

Portrait de jbouchez

En effet, trop peu d'études ont été réalisées sur les effets des OGM sur la santé humaine en plus d'avoir un impact sur la biodiversité. Se posent également des questions d'éthique quant aux modifications génétiques réalisées sur des animaux pour servir l'espèce humaine.

Sur la pertinence des OGM je vous invite fortement à visionner cette vidéo d'une conférence de Christian Velot, Maître de conférence en génétique moléculaire (Univ Paris-Sud XI), chercheur a l'institut de génétique et de microbiologie (centre scientifique d'Orsay). Dans cette conférence donnée a Toulouse en 2005, il donne une explication scientifique très pédagogique de ce que sont les OGM.

http://video.google.com/videoplay?docid=-875413616197118497#

Jérémy Bouchez.

Portrait de Equipe OGM

Merci pour la vidéo. Très intéressante, en effet.

J'attire votre attention sur un article de Michael J. Crumb paru ce matin même en anglais sous le titre "Contamination from genetically modified alfalfa certain, experts say". Une preuve de plus que les effets indésirables des OGM ne sont pas toujours contrôlables et que la contamination ne peut pas toujours être évitée, malgré toutes les précautions prises.

Merci pour la superbe photo des fraises cubiques...
Gladys G.