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Actualité en microbiologie

Épidémie de rougeole en Europe

Patrick D. Paquette, microbiol., le 21 avril 2011, 21h56

Voilà l'une des conséquences du discours anti-vaccination qui affirme frauduleusement qu’il existe un lien entre le vaccin RRO (rougeole, rubéole, oreillons) et l’autisme!

Rougeole

Due à un faible taux de vaccination contre la rougeole chez les enfants européens, nous assistons au début d’une épidémie de rougeole dans plusieurs pays d’Europe, mais c’est principalement la France qui est aux prises avec le nombre de cas le plus important: 4937 cas sur les 6500 cas recensés dans 33 pays.

Pourquoi une telle épidémie? Et bien comme le souligne la Dre Rebecca Martin, directrice du bureau de l'Organisation mondiale de la santé à Copenhague, de telles épidémies surviennent en présence d'un nombre insuffisant d'individus vaccinés. Or, le taux de vaccination contre la rougeole à vertigineusement diminué depuis le début des années 2000, à la suite de la publication en 1998 d’une fausse étude qui établissait un lien entre l'autisme et le vaccin RRO. Cependant, bien que démentie par la suite, cette étude à causé une onde de choc et plusieurs parents ont alors commencé à fuir ce vaccin, avec comme conséquence aujourd’hui une épidémie de rougeole...

Afin d’assurer une protection adéquate contre la rougeole, il est nécessaire de vacciner au moins 90 % de la population. Malheureusement, les taux de vaccination sont maintenant inégaux en Europe et dans certaines régions du Royaume-Uni, le taux a plongé à 50 %. Le tort pour la Santé publique est à ce point, que les gens ont davantage peur du vaccin que de la maladie, oubliant ainsi à quel point la rougeole peut être grave!

Devant une telle situation, il est important de rappeler – quoi qu’en disent les opposants – que la vaccination est assurément l'une des mesures de santé publique les plus efficaces pour protéger la population de façon durable et que les vaccins figurent parmi les outils les plus sûrs de la médecine moderne. Je vous invite à visiter le site web de l’Agence de la santé publique du Canada, qui traite entre autres de la sécurité des vaccins et de la réalité et de la fiction concernant la vaccination. Comme beaucoup de fausses croyances sont véhiculées à droite et à gauche sur internet, il est préférable de se référer à de vrais sites scientifiques.

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Patrick D. Paquette, microbiologiste, B.Sc., RMCCM

Saviez-vous qu'une campagne de vaccination menée par l’OMS de 1967 à 1977 a permis d’éradiquer la survenue naturelle de la variole. Au début du programme, la maladie menaçait 60% de la population mondiale et 1 personne sur 4 en mourrait.

2 commentaires

Portrait de mariehlabory

Ah, la vaccination... et l'éradication de la variole!...

Je me doute bien que le coût d'une campagne comme celle qui a mené à l'éradication de la variole est très important, mais je me suis toujours demandé pourquoi on ne lançait pas une campagne similaire pour éradiquer d'autres maladies telles que la polio. Je suis très sceptique quant à la possibilité que les campagnes de vaccination menées de nos jours en Occident puissent mener à l'éradication "véritable" (i.e. sur tout le globe) d'autres maladies. D'ailleurs, pour être restée "scotchée", comme disent les Français, il y a quelques années, devant un documentaire passionnant exposant l'histoire de l'éradication de la variole, la stratégie qui avait été adoptée à l'époque n'avait rien à voir avec ce qui se pratique en matière de vaccination actuellement.

Serait-il trop onéreux de se lancer dans une nouvelle campagne à la grandeur de la planète? Étant donné ce qu'il en doit en coûter pour faire vacciner chaque génération de petits enfants dans les pays industrialisés, et surtout, étant donné ce qu'un vaccin discutable contre le VRH doit coûter en comparaison à un vaccin contre la polio... la question du coût m'apparaît en définitive assez douteuse.

Évidemment, je ne suis pas diplômée de biologie ou d'une autre des sciences de la santé - j'ai un cursus en sciences humaines, plutôt. Peut-être y a-t-il des considérations que j'ignore. Il me semble toutefois que si c'est le cas, la population bénéficierait d'être mieux informée, non?

Portrait de Patrick Paquette

Cela est bien malheureux, mais comme vous le soulignez, les couts financiers importants associés à des compagnes de vaccination mondiale nuisent sans aucun doute à la mise en place aujourd’hui de tels projets... De plus, bien que la stratégie de surveillance et d’endiguement est été un élément clé de la campagne d’immunisation contre la variole, il est très difficile – voir impossible – d’appliquer ce type de stratégie à notre mode de vie actuel. De nos jours, la mondialisation grandissante permet des déplacements de masse de la population à travers le monde, ce qui favorise grandement l’épidémiologie des maladies infectieuses. L’épidémie de grippe H1N1 en 2009 en est un bon exemple. Initialement présente à un endroit précis du Mexique, elle s’est retrouvée aux quatre coins du monde en moins de temps qu’il fallu pour comprendre ce qui se passait. Aussi, il y a certains pathogènes humains qui ont également des hôtes parmi les animaux. Ces réservoirs ne sont pas toujours très bien connus, mais ils servent de refuge aux microorganismes pathogènes face à une population humaine immunisée. Ainsi, même s’il n’est pas possible d’éradiquer complètement un agent infectieux, une couverture vaccinale de la population au-delà de 80% – ce que l’on appelle en immunologie "immunité par le groupe" – est généralement suffisante pour se prémunir efficacement contre la maladie qu'il cause.