Depuis quelques années on entend parler de biomasse pour produire de l’énergie. Mais qu’est-ce que la biomasse? D’où vient-elle? Est-ce une façon écologique de produire de l’énergie? Quels sont les bénéfices à tirer de l’exploitation de ce type d’énergie? Les Accros de la forêt vous proposent une série de trois reportages sur le sujet en commençant par une initiation à la biomasse.

Commençons par la définition du terme biomasse : « Dans le domaine de l’énergie, et plus particulièrement des bioénergies, le terme de biomasse désigne l'ensemble des matières organiques d'origine végétale (algues incluses), animale ou fongique pouvant devenir source d'énergie par combustion (ex : bois énergie), après méthanisation (biogaz) ou après de nouvelles transformations chimiques (biocarburant). » Source : www.fr.wikipedia.org

En fait, c’est l’énergie solaire qui est stockée sous forme de carbone dans la matière vivante et qui peut être récupérée. On peut donc produire de l’énergie sous forme de chaleur en brulant la biomasse. On peut aussi récupérer les gaz qui s’échappent lors de la décomposition de la biomasse ou procéder à des transformations chimiques pour faire du biocarburant.

La production d’énergie renouvelable sous toutes ses formes à partir de la biomasse suscite énormément d’intérêt au fur et à mesure où les stocks d’énergies fossiles diminuent. L’éthanol produit à partir du maïs promettait de réduire la dépendance énergétique des pays importateurs de pétrole. Rapidement, la demande pour le maïs a augmenté et le prix du maïs a explosé. Plus de producteurs ont donc choisi de se tourner vers le maïs, délaissant ainsi leur production destinée à la consommation humaine. Le résultat : une crise alimentaire mondiale et une pression accrue sur les terres arables maintenant destinées à produire de l’énergie au lieu de la nourriture… De plus, il faut bruler environ un litre de carburants fossiles pour récolter et transformer assez de maïs pour faire… qu’un litre d’éthanol.

L’acceptabilité sociale de l’éthanol-maïs est aujourd’hui grandement contestée, car il existe d’autres options pour produire de l’énergie sans détourner les terres agricoles de leurs vocations premières : nourrir le monde! Les déchets urbains, agricoles et forestiers sont tous des sources importantes de carbone qui peuvent être à valoriser sous différentes formes.

Biomasse forestière Les Accros de la forêt s’intéressent plus particulièrement à la biomasse forestière. Les résidus provenant des usines de sciage sont la source traditionnelle de biomasse forestière. Jadis considéré comme des déchets (on les enfouissait à une certaine époque), des usines de cogénération ont vu le jour afin de transformer ces « déchets » en énergie.

Une usine de cogénération produit de l’énergie et de la chaleur. Le bois est chauffé afin de produire de la vapeur d’eau qui activera ensuite une turbine pour produire de l’électricité. Seulement 20 % de l’énergie totale concentrée dans le bois peut être transformée en électricité. Le 80 % restant, c’est de la chaleur.

Alors que le prix des combustibles fossiles augmente, l’exploitation de la biomasse devient de plus en plus rentable et, graduellement, des entrepreneurs ont vu l’opportunité d’affaires et les résidus d’usine ont pris de la valeur. Depuis quelques années, on cherche à augmenter la quantité de biomasse forestière disponible en récupérant les débris de coupe en forêt.

Ces débris incluent principalement les branches d’arbres laissés sur place, les arbres qui n'ont aucune valeur commerciale et ceux qui sont inutilisables parce qu'ils sont imparfaits, brûlés, malades ou morts.

Plusieurs personnes se questionnent sur la viabilité de la récolte de biomasse en forêt. Est-ce que les sols pourront conserver leur fertilité même si on retire une source de compost naturel? Est-ce que la récolte de biomasse peut mener à une surexploitation de la forêt? Est-ce vraiment une énergie carboneutre? L’exploitation de la biomasse est-elle viable ou est-ce une « biomascarade » comme le prétend Greenpeace dans un récent rapport? Voici les questions auxquelles nous tenterons de répondre dans notre prochaine chronique sur le sujet…