Photographier le ciel
De nombreux clichés, ayant pour scène le passage de Vénus devant le Soleil, ont circulé dans les médias la semaine dernière. Et si l’expertise de la Nasa en matière de photographie astronomique n’est évidemment plus à faire, plusieurs astronomes amateurs s’adonnent aussi, aujourd’hui, à ce passe-temps avec beaucoup de professionnalisme.
Astrophotographes en herbe - et astronomes amateurs -, Philippe Moussette vous invite à partager avec lui, pendant toute une semaine, vos bons trucs et vos plus belles observations, dans la zone des commentaires, juste ici plus bas.
Prenez la photographie qui accompagne ce texte. Seriez-vous étonné d’apprendre 1) qu’elle est l’œuvre d’un jeune amateur d’astronomie et 2) qu’elle a été prise, il y a quelques jours, dans la ville de Québec?
Philippe Moussette se passionne d’astronomie depuis son plus jeune âge. Et son enthousiasme ne s’est pas estompé avec les années. Au contraire… de la lunette d’observation achetée par son père dans un magasin à rabais jusqu’aux plus récents télescopes qu’il a acquis pour parfaire son observation du ciel, la ferveur de l’astronome amateur s’est décuplée en intégrant au passage une nouvelle passion, l’astrophotographie.
Son livre, Les yeux tournés vers le ciel, paru récemment aux Éditions LVA, témoigne de cette double affection – l’astronomie et l’astrophotographie — qu’il transmet depuis plusieurs années au grand public à travers les conférences et les événements d’observations qu’il organise chaque année.
Il revient dans ce nouveau guide, présenté sur papier glacé, sur les bases de l’astronomie, présente l’équipement dont devrait se munir l’astronome amateur, explique en détail les rudiments de l’astrophotographie, recense les phénomènes astronomiques observables au Québec et offre en prime ses plus beaux clichés dont certains lui ont valu de nombreux prix.
3 commentaires
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par Phhilippe Moussette
il y a 48 semaines
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Cette photo a été est prise à partir d’une caméra reflex par projection. Il faut à la fois exposer le centre du soleil et le contour. Les filtre H alpha nous permettre de voir les protubérances et les zones actives. Ils sont beaucoup plus coûteux que les filtres solaires ordinaires qui nous permettent de voir seulement les tâches solaires. |
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par Josée Nadia Drouin
il y a 49 semaines
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M. Moussette, pourriez-vous nous en dire plus sur cette photo du transit de Vénus? Est-ce à la portée de tout amateur - le moindrement équipé - de prendre une telle photo? |
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Je me permettrai de répondre pour Philippe Moussette.
Oui, une telle photo est — avec un peu de pratique — à la portée de tout astronome amateur disposant d’un équipement approprié.
Cette photo montre le Soleil dans la lumière de l’hydrogène alpha (Hα). Ça prend donc un filtre permettant d’observer cette lumière, qui n’est rien d’autre qu’une sélection très précise de lumière rouge (d’où la couleur de l’image). En termes techniques, on dit que c’est une bande étroite de longueur d’onde, centrée sur 656,28 nm.
Comme l’indiquait Philippe Moussette dans son commentaire précédent, il faut aussi capter à la fois le pourtout et le centre du disque solaire. C’est pour cela que je dis que ça prend «un peu de pratique».
En fait, si on généralise à tous les types de photographie astronomique, la pratique et l’équipement sont la clé. Les astronomes amateurs peuvent aujourd’hui obtenir des images aussi poussées (même si pas nécessairement tout à fait aussi détaillées, voir ) que ce que les observatoires professionnels obtenaient il y a à peine 50 ans!
Quelques limitations techniques touchent toutefois les astronomes amateurs. Leurs télescopes sont plus petits que les professionnels (même d’il y a 50 ans), alors la résolution (le niveau de détail) des images n’atteindra jamais les mêmes niveaux, même si on réussit à les approcher. Bien que la limite absolue soit imposée par les lois de la physique, il existe aussi des limites atmosphériques, et les astronomes amateurs sont maintenant de mieux en mieux équipés pour lutter contre cela, avec des appareils d’optique adaptative. Oui, il y a un prix financier à payer, mais bon…
Enfin, il va sans dire que les astronomes amateurs n’ont pas (encore) lancé d’observatoires spatiaux, alors ils doivent composer avec les autres limites de l’atmosphère terrestre, qui absorbe la majorité des rayonnements ultraviolets, infrarouges, etc. Une petite partie de l’infrarouge et de l’ultraviolet est toutefois accessible, et certains astronomes amateurs ont réalisé des travaux dans ces longueurs d’onde — à ma connaissance, depuis au moins 20 ans.
Pierre Paquette
Éditeur
Magazine Astronomie-Québec