Étude Séralini: non pertinente mais utile tout de même
L'étude Séralini met en lumière des lacunes selon deux rapports.
Même une étude scientifique controversée et qui possède de nombreux biais peut faire avancer la science et l’intérêt général. C’est ce que concluent le Haut conseil des biotechnologies (HCB) et l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) dans leurs rapports respectifs sur la désormais célèbre étude Séralini.
Le portail Actu-Environnement rapporte la nouvelle et précise que les effets à long terme des OGM et des produits phytosanitaires sont très mal connus selon les deux avis du HCB et de l’Anses. Ils préconisent tous les deux d’effectuer des études à long terme dépassant les 90 jours.
Voici la nouvelle sur le site internet d’Actu-Environnement.
Mise à jour du 26 octobre 2012:
Compte tenu du fait que cette étude déchaîne les passions, je tiens à préciser mes propos et le choix de mon titre. À aucun moment, ce billet se veut un plaidoyer pour l'étude Séralini, il s'agit juste de rapporter une nouvelle et les conclusions de l'Anses et du HCB suite à leur évaluation de l'étude Séralini. C'est aussi ce que fait le site Actu-Environnement, en rapportant les propos de ces deux organismes.
Conclusion: l'étude Séralini est non pertinente parce qu'elle comporte de nombreuses lacunes et biais tout en ne respectant pas certains protocoles. Aucun doute là-dessus. Par contre, suite à leurs évaluations de l'étude, le HCB et l'Anses notent des lacunes sur "la connaissance des effets à long terme des OGM et des produits phyto". Dans ce sens, l'étude Séralini aura au moins servit à cela.
19 commentaires
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par Jérémy Bouchez
il y a 29 semaines
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Je suis tout à fait d'accord avec vous Florence. J'ajouterais que ce qui me sidère le plus, c'est que Monsanto, Syngenta, BASF et d'autres ont forcément produit des articles avec des biais énormes et des pratiques douteuses. Y a t-il eu emballement médiatique contre ces entreprises ou pour dénoncer des études mal faites ? Si cela a été le cas, je ne m'en souviens pas. Je persiste, cette étude mal faite et le processus médiatique mis en place étaient une mauvaise idée mais je suis content de voir qu'elle aura au moins eu le mérite de dénoncer certaines lacunes dans l'évaluation des effets à long terme des OGM. |
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par Pascal Lapointe
il y a 29 semaines
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Le premier point sensible que l'étude Séralini a touché, c'est une attention médiatique démesurée (la Une du Nouvel Observateur et des autres) et ce, pour une étude somme toute banale. C'est d'abord ça qui a fait réagir des scientifiques. Que la machine médiatique ait ensuite suivi, n'enlève pas de valeur aux critiques initiales: d'un point de vue strictement scientifique, l'étude est faible, et ne méritait pas cette attention. Était-ce une façon légitime de relancer le débat sur l'innocuité des OGM? Comme journaliste, je ne peux pas être d'accord avec ça. Pour le reste: que Séralini ait mis en lumière la difficulté à mener des études sur les OGM, il n'y a que lui pour le dire. Beaucoup de chercheurs ont raconté qu'il était facile d'obtenir des semences de Monsanto à des fins de recherche... tant qu'on ne dit pas que c'est pour Séralini! :-) Et que les intérêts privés pèsent lourdement dans la recherche contemporaine, c'est un fait indéniable, mais ce n'est pas comme si Séralini venait de révéler un scoop. |
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par Florence Piron
il y a 29 semaines
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Rappel historique: Dr Ignacio Chapela, professeur à UC Berkeley et son étudiant David Quist ont publié en 2002 dans Nature un article sur la contamination du maïs indigène mexicain par des semences OGM. C'est alors, explique le site de journalisme indépendant Sourcewatch, que "Monsanto utilisa les services d'une firme de relations publiques nommée Bivings Group qui mit en place une fausse campagne de courriels indignés (une liste de discussion) pour persuader Nature de retirer l'article en question, ce qu'elle fit pour la première fois de son existence. Or ces courriels insistaient surtout sur les erreurs de méthodologie de l'article de Chapela... |
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par Florence Piron
il y a 29 semaines
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Voici un article qui recoupe notre discussion et dont les commentaires sont très intéressants. Une avocate militante dans le domaine de la santé s'indigne d'un communiqué de l'AAAS (Association des scientifiques américains) déconseillant aux Californiens d'approuver une mesure qui obligerait l'étiquetage des OGM:
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par Pascal Lapointe
il y a 29 semaines
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Et pourquoi faudrait-il mettre en valeur cette lettre d'opinion d'une avocate, qui prétend qu'appuyer les OGM signifie être vendu à Monsanto, plutôt que les scientifiques des 20 dernières années qui s'appuient sur des données scientifiques? Attention à ne pas créer l'illusion "Séralinienne" selon laquelle les seuls scientifiques fiables seraient ceux qui, comme lui, concluent que les OGM sont dangereux. :-) |
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par Jérémy Bouchez
il y a 29 semaines
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De la même manière Pascal, comment faire confiance à des pouvoirs publics qui utilisent les résultats et études des multinationales qui veulent faire valider leurs produits ? Ce que je serais curieux de connaître, c'est quelle proportion des études sur les OGM des 20 dernières années proviennent des biotech ? Ou encore, quel est le poids des lobbys des biotech au sein de nos gouvernements ? Est-ce qu'une étude à été faite à ce sujet ? Ce serait intéressant de le savoir. Si les données scientifiques sur les effets à long terme des 20 dernières années provenaient à 80% des biotech, il serait légitime de se poser des questions. Je vais faire ma petite recherche là-dessus. Peut-être que l'Observatoire des Sciences et des Technologies à publier quelque chose à ce sujet. Attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Ce n'est pas parce que l'étude Séralini est biaisée que les OGM sont tout à coup et de façon certaine bons pour la santé. En l'état actuel des connaissances, on ne peut pas affirmer ou infirmer cela. En passant, je réitère mes propos. J'attends de voir des réactions aussi virulentes et des investigations aussi poussées à propos des articles provenant des biotech, s'il y a lieu d'en faire. |
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par Pascal Lapointe
il y a 29 semaines
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N'oublie pas que les réactions virulentes sont d'abord venues à cause de l'attention démesurée accordée à l'étude Séralini. Jamais une étude pilotée par Monsanto n'aurait pu se mériter la Une du Nouvel Observateur (et heureusement). En fait, jamais une étude concluant que "les OGM ne causent pas le cancer" n'aurait pu se mériter la Une du Nouvel Obs ou du Time. |
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par David Carter
il y a 29 semaines
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Voici la position de Santé-Canada et de l'Agence canadienne d'inspection des aliments sur l'étude de Séralini : http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/gmf-agm/seralini-fra.php Celle du ministère de l'Agriculture de l'Allemagne : http://www.bfr.bund.de/cm/349/feeding-study-in-rats-with-genetically-modified-nk603-maize-and-with-a-glyphosate-containing-formulation-roundup-published-bei-seralini-et-al-2012.pdf Et celle préliminaire de la Food Standard (Australie et Nouvelle-Zélande) : http://www.foodstandards.gov.au/consumerinformation/gmfoods/gmfactsheets/responsetosralinipap5676.cfm |
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par Florence Piron
il y a 29 semaines
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Le titre de ce billet est tout à fait approprié. La science est faite d'avancées, de débats, de discussion. Même l'avis de "hautes autorités" ne peut clore un débat de fond sur la faisabilité, dans le contexte actuel, d'études sur les OGM qui soient indépendantes de l'industrie qui exploite ces produits. L'étude de Séralini sur le long terme est une première et doit inspirer des réplications et non des communiqués de presse ou des avis autoritaires. Il est dommage que les Québécois connaissent si peu l'affaire Nancy Olivieri, chercheure qui avait osé s'opposer en 1996 à la pharmaceutique Apotex qui aurait voulu qu'elle ne publie pas un rapport d'effets secondaires indésirables (Apotex honore de son nom un amphi de l'université de Montréal!). Elle avait été aussi très "critiquée" par plusieurs collègues (dont certains financés par Apotex, a-t-on découvert ensuite) pour sa méthodologie supposément erronée, avant d'être félicitée pour son intégrité par l'Association canadienne des professeurs d'université. Les personnes qui connaissent bien cette histoire ne peuvent être indifférents au lynchage médiatique de Séralini. |
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par Pascal Lapointe
il y a 29 semaines
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Il y a une chose importante à corriger. L'étude de Séralini n'est pas une première. Il y a eu plusieurs études à long terme sur des OGM. Il n'y en a juste pas eu sur cet OGM-là. Mais je soupçonne qu’avec cet argument, je n’arriverai pas à te convaincre que les OGM pourraient être inoffensifs. Tout comme en allant chercher un exemple dans une discipline complètement différente, tu n’arriveras pas à convaincre un journaliste scientifique que Séralini a été lynché médiatiquement. Faisons plutôt une expérience. Sur quelles bases crois-tu qu’un consensus serait possible? Existe-t-il par exemple des critères rendant un corpus scientifique solide, sur lesquels tout le monde pourrait être d'accord? |
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par lucas
il y a 30 semaines
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On reproche que l'étude a trop pris de temps mais étrangement, selon moi, une bonne étude devrait être fait à un long terme, même voir sur plusieurs génération... Vous allez dire oui mais, l'étude était trop longue, les vieux rats ont des chances d'avoir des tumeurs peu importe leurs nutritions (sans calculer la nutrition des 5 générations passés). Les études de ce genre devrait absolument être fait sur plusieurs génération. Les inquiétudes des gens ne sont pas justement sur le long terme de plusieurs génération? C'est pas dans 200 ans qu'il faut se rendre compte que c'est nocif, lorsque tout le monde auront consommé des OGM pendant tout ce temps, il sera malheureusement trop tard. Encore une fois ça ressemble au compagnie pétrolière qui renonce au réchauffement climatique. Il n'y aurait pas conflit d'intérêt dans cette histoire? $$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$ ? |
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par Thomas
il y a 30 semaines
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Plutôt que mettre en lien le site Actu-Environnement, il vaudrait mieux mettre en ligne le lien direct des agences concernées et de leur communiqué, on éviterait ainsi les interprétations ou lectures éventuellement biaisées par ceux qui les rapportent. vous pouvez tout lire, voci ce que j'y relève : Communiqué du HCB www.hautconseildesbiotechnologies.fr/IMG/pdf/Etude_Seralini_Avis_CS_HCB_121019.pdf "Suite à une expertise pluridisciplinaire, le Comité Scientifique du HCB conclut que l’article, essentiellement descriptif, ne permet d’établir aucune relation de causalité entre des événements observés durant l’étude et la consommation de maïs NK603, traité ou non avec du Roundup", communiqué de l'ANSES : p. 25 : "après examen, les experts du Groupe d'Expertise Collective d'Urgence considèrent que les conclusions avancées par les auteurs sont insuffisamment soutenues par les données présentées dans cette publication. Par ailleurs, les hypothèses sur les mécanismes d’action proposées pour expliquer les résultats Même motif, même punition ! Même tonalité dans l'avis de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) : www.efsa.europa.eu/fr/press/news/121004.htm Shakespeare m'excusera, mais voila beaucoup de bruit pour rien. |
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par Jérémy Bouchez
il y a 30 semaines
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Cher Thomas, Vous me prêtez des intentions que je n'ai pas. Je n'ai fait que reprendre des propos du site actu-environnement qui cite lui-même des propos de L'ANSES et du HCB. Par exemple, l'ANSES recommande de, je cite: "pour 55% des dossiers instruits sur les PGM, l'Agence a estimé que les données fournies par l'industriel n'étaient pas suffisantes pour permettre de conclure sur la sécurité sanitaire liée à la consommation de l'OGM et ces dossiers ont fait l'objet de demandes complémentaires transmises à l'Efsa". Quant au HCB: "les études de toxicologie réalisées dans le cadre de l'évaluation des effets sanitaires des PGM pour leur mise sur le marché présentent des limites". Le site actu-environnement ne dit pas que l'étude Séralini est pertinente, il rapporte les conclusions du HCB et de l'ANSES tout en citant les conclusions de ces deux organismes et leurs recommandations. Puisque vous soupçonnez, à tort, le côté partisan du site, voici le rapport et les recommandations de l'ANSES, directement de son site internet. Mon titre est donc pertinent car il relève le côté non pertinent de l'étude Séralini tout en relevant le côté utile de celle-ci du fait des recommandations du HCB et de l'ANSES. Beaucoup de bruit et surtout de texte pour rien dans vos propos donc. Cordialement, |
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par Jérémy Bouchez
il y a 30 semaines
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Cher Thomas, Vous me prêtez des intentions que je n'ai pas. Je n'ai fait que reprendre des propos du site actu-environnement qui cite lui-même des propos de L'ANSES et du HCB. Par exemple, l'ANSES recommande de, je cite: "pour 55% des dossiers instruits sur les PGM, l'Agence a estimé que les données fournies par l'industriel n'étaient pas suffisantes pour permettre de conclure sur la sécurité sanitaire liée à la consommation de l'OGM et ces dossiers ont fait l'objet de demandes complémentaires transmises à l'Efsa". Quant au HCB: "les études de toxicologie réalisées dans le cadre de l'évaluation des effets sanitaires des PGM pour leur mise sur le marché présentent des limites". Le site actu-environnement ne dit pas que l'étude Séralini est pertinente, il rapporte les conclusions du HCB et de l'ANSES tout en citant les conclusions de ces deux organismes et leurs recommandations. Puisque vous soupçonnez, à tort, le côté partisan du site, voici le rapport et les recommandations de l'ANSES, directement de son site internet. Mon titre est donc pertinent car il relève le côté non pertinent de l'étude Séralini tout en relevant le côté utile de celui-ci du fait des recommandations du HCB et de l'ANSES. Beaucoup de bruit et surtout de texte pour rien dans vos propos donc. Cordialement, |
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par Rafael Mieli
il y a 30 semaines
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Avec une nouvelle synthétisée à l'extrême comme cela le lecteur ne peut pas comprendre. Pour tout un chacun un organisme tel que le "haut conseil des biotechnologies" (HCB) est une agence d'expertise. Et cette agence d'expertise aurait conclu "cette étude est non pertinente mais utile quand même"... même en l'écrivant cela me paraît stupide. Mais cela devient compréhensible quand on explique, ce que ne fait pas votre nouvelle. Le HCB est une instance qui a été conçue pour regrouper sous la thématique "biotechnologies" deux sous-institutions de nature différente. D'une part un comité scientifique, qui, de son côté a rendu un verdict sans appel : l'étude Séralini c'est de la junk science ; d'autre par un comité politique, for short, qui regroupe des spécialistes de sciences humaines (économie, sociologie) avec des représentants des différents lobbies de la société civile (syndicats, associations environnementalistes, représentants des industries, etc.)... en fait la seule information réellement utile pour savoir que penser de l'étude Séralini, c'est ce qui résulte de l'approche pluridisciplinaire des scientifiques. Cette étude est complètement, totalement, intégralement disqualifiée, de façon unanime, par l'ensemble des institutions scientifiques françaises - dont les six académies nationales (science, médecine, pharmacie, vétérinaire, technologies, agriculture) - comme internationales ... mais, comme usuellement quand vous avez affaire à des croyants (qu'ils croient envers et contre tout au danger des ogm, à l'absence de réchauffement climatique, à la création divine, au complot du 11 septembre, etc.) même la junk science vous apporte la preuve que vous avez intérêt à persister dans la croyance qui est la vôtre... En institutionnalisant la confusion des ordres, mêlant science (le vrai, le faux, l'incertain) et politique (le souhaitable et le non souhaitable) et en voulant faire un texte aussi consensuel que possible réunissant les conclusions des uns et des autres, ceux qui ne parlent que des faits (la science) comme ceux qui mettent en avant leurs croyances non fondées ou leurs intérêts il ne peut sortir qu'une bouillie insipide... la preuve en est, encore une fois, faite. |
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par Jérémy Bouchez
il y a 30 semaines
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Monsieur Mieli, Je vous prie de lire la réponse que je viens de faire plus haut à Thomas. Par contre, je ne vous permets pas de me ranger dans la catégorie des croyants aveugles et bêtes et encore moins dans celle des négationnistes du réchauffement climatique d'origine anthropique. Ce n'est pas parce que mon titre ne vous plaît pas qu'il faut attaquer la forme de la nouvelle qui, d'autres l'auront remarqué, n'est en rien favorable à l'étude Séralini. Vous montez sur vos grands chevaux bien vite et sans justification car il n'y a même pas matière à le faire. |
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par Rafael Mieli
il y a 30 semaines
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Bonjour Monsieur Bouchez, vous pouvez m'appeler Rafael. |
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par Rafael Mieli
il y a 30 semaines
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Je voudrais rajouter quelque chose à propos de votre (Jérémie) commentaire sur le fait que" le HCB et l'Anses notent des lacunes sur "la connaissance des effets à long terme des OGM et des produits phyto"". Les six académies nationales - science, médecine, pharmacie, vétérinaire, technologies, agriculture - avaient anticipé que ne pouvait sortir que ce genre de recommandation de ces agences (de par leur composition) et elles avaient écrit dans leur position commune : " Il serait particulièrement dangereux d’évoquer une nécessité éventuelle d’expériences à long terme à l’occasion de cet article car l’impression serait donnée que les résultats présentés par G.E. Séralini ont une valeur suffisante pour justifier une inquiétude du public, avec tous les dégâts que cela peut avoir en France et dans le monde." Force est de constater qu'elles avaient bien anticipé. |
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Réponse à Pascal Lapointe:
Non, ce n'est pas la question des OGM en elle-même qui m'interpelle dans cette affaire. Si l'article de Séralini stimule le débat et de nouvelles recherches qui concluront à l'innocuité des OGM, tant mieux. De plus, Séralini a appelé de lui-même ce lynchage médiatique en organisant le "lancement" de son article dans les médias. Toutefois, son texte avait été auparavant accepté par ce qui semble être une revue respectée du domaine. Et, dans ce milieu scientifique supposément rationnel, les scientifiques sont censés répondre à un collègue dont ils contestent les résultats par une étude et non par un communiqué de presse. Le lynchage médiatique que j'évoque n'est pas du tout le seul fait des journalistes scientifiques; au contraire, pour une fois, les scientifiques sont entrés de plain pied dans l'espace public à l'occasion de cette affaire, ce qui montre qu'ils sont capables de le faire!
C'est la mobilisation dans l'espace public de toutes ces instances officielles étonnamment unanimes (à part une lettre ouverte et le travail de la Fondation sciences citoyennes) et l"argument tellement banal et surfait des "erreurs de méthodologie" qui me rendent suspicieuse. Tant de moyens déployés pour contrer un article supposément mauvais et qui aurait donc dû mourir de sa belle mort en n'étant jamais cité ? Quel point sensible le travail de Séralini a-t-il touché?
Je pense que la réponse à cette question est la suivante : il a mis en lumière l'incroyable difficulté de faire des études sur les OGM ou même sur n'importe quelle innovation qui soient à la fois de qualité et indépendantes financièrement de l'industrie qui commercialise ces innovations. Il a montré la faiblesse des instances d'évaluation mises en place par les États, aux prises avec les partenariats publics-privés et tous les conflits d'intérêts que les chercheurs aimeraient mieux ignorer. C'est aussi ce que l'affaire Olivieri avait montré: les failles auxquelles peut conduire la dépendance des institutions de recherche face à des industries qui, de manière très logique, s'intéressent surtout à ce qui peut promouvoir leurs intérêts,
Par ailleurs, Séralini a parfaitement réussi à relancer le débat, ce qui était son but, même s'il l'a fait au prix d'un rejet spectaculaire de la part de ses pairs. De ce point de vue, il a toute mon admiration.
J'aurais quand même aimé que les journalistes scientifiques se penchent sur cette dimension de l'affaire Séralini au lieu d'en rajouter sur les problèmes de "méthodologie". Une méthode n'est qu'un outil et en discuter est une tactique bien connue pour éviter de parler de la finalité et des effets d'un acte ou d'un texte.