État d'urgence pour la santé des océans.

Par Jean-Patrick Toussaint.

Quand je pose cette question dans mon entourage, la réponse est multiple : attaquons-nous aux changements climatiques, arrêtons la surpêche, investissons dans la recherche océanique, et dotons-nous de lois plus rigoureuses.

Si ces réponses semblent aller de soi, le gouvernement fédéral semble systématiquement aller à contrecourant en ce qui a trait aux pistes de solutions suggérées ci-haut.

Le Canada est pourtant bordé par trois océans, ce qui lui confère une place unique pour agir comme leader international de la protection des océans. Bien que ce fût le cas autrefois, le Canada étant l'instigateur de la Journée mondiale des océans , ses plus récentes actions vont désormais dans le sens contraire.

La communauté scientifique sur le qui-vive...

Réunis récemment lors d'un colloque visant à rétablir la santé des océans, plusieurs scientifiques se disent inquiets de l'avenir de nos océans et du peu de ressources qui sont allouées pour mieux les comprendre et les protéger. Par ailleurs, tous s'entendent pour dire que l'activité humaine affecte les océans de différentes manières — quoiqu'il soit encore difficile de comprendre précisément l'étendue et la teneur de cette influence.

Quoi qu'il en soit, les faits parlent d'eux-mêmes. Depuis les années 60, les stocks des principales espèces de poissons du Canada comme la sébaste et la morue ont diminué de plus de 90%. Le Canada protège moins de 1% de ses océans, malgré son engagement auprès des Nations Unies d'en protéger 10%. Qui plus est, le gouvernement fédéral a récemment modifié la Loi sur les pêches en choisissant de ne protéger que quelques espèces de poissons qui ont une valeur commerciale plutôt que les habitats de tous les poissons.

À cela s'ajoutent les suppressions de plusieurs postes de scientifiques spécialistes en biologie marine, sans compter toute la question entourant l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures en haute mer et dans les zones côtières comme le golfe du Saint-Laurent qui sont une interface essentielle entre les écosystèmes marins et terrestres. Renouons avec nos océans

Les océans couvrent 70% de notre planète, tout comme notre corps est constitué à 70% d'eau. La vie est apparue dans les océans et ils demeureront toujours le fondement de la vie sur Terre. Si nous voulons maintenir cette base bien vivante, il faut alors littéralement plonger à la rescousse de nos océans et s'en préoccuper sérieusement.

Bien entendu, il est difficile de renouer avec quelque chose que nous ne connaissons pas, ou comprenons mal. La série télévisée « One Ocean » produite dans le cadre de l'émission The Nature of Things, avec David Suzuki, vise précisément à élargir notre compréhension de nos océans et de la relation unique que nous entretenons avec eux. Pour élargir vos connaissances, vous pouvez également le faire plus près de chez vous en renouant avec le fleuve, l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, qui constituent pour nous la porte de l'océan Atlantique.

Voilà quelques pistes afin de passer à l'action afin de protéger les océans qui définissent une partie de qui nous sommes.

Et vous, que seriez-vous prêt à faire?