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Environnement: les jeunes sur le terrain

Antoine Bonvoisin, le 14 décembre 2012, 6h50

L'environnement va se détériorer dans les vingt ans qui viennent. C'est ce que pensent les jeunes qui pourtant sont prêts à agir. Cette position ressort d'un sondage de la fondation Monique-Fitz-Back de 2009, mais cela s'observe-t-il sur le terrain ? Anne de Jauréguiberry, blogueuse d'Envi2bio à l'Agence Science-Presse et co-organisatrice du colloque La Bise d'automne, témoigne de son expérience lors de cet événement annuel regroupant les jeunes passionnés d'environnement.

Environnement: les jeunes sur le terrain
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Anne de Jauréguiberry est agente de développement durable et blogueuse à l'Agence Science-Presse. Au sein du Partenariat Jeunesse pour le Développement Durable et d'Environnement Jeunesse, elle aide les étudiants des comités environnement à mener leurs projets. Elle propose également des formations à l'attention des jeunes du primaire, sur la gestion des matières résiduelles, les déchets et le compostage.

La Bise d'automne, qui se déroulait cette année du 23 au 25 novembre, regroupe des jeunes du secondaire, des cégeps et d'universités engagés au niveau environnemental. Organisé par Environnement Jeunesse, cet événement est l'occasion d'une réunion conviviale durant laquelle des participants de toutes les régions du Québec assistent à des conférences, des ateliers, et échangent sur leurs pratiques. Ils sont généralement impliqués dans le comité environnement de leur école afin de sensibiliser les autres élèves. Dans ces clubs, ils développent des projets, tels que la mise en place d’équipement de compostage dans les cafétérias.

«Ce qui me marque toujours lors de cet événement, c'est l’implication des jeunes, le fait qu'ils prennent une fin de semaine pour être là. Ils sont toujours attentifs et présents durant les conférences pour poser des questions», fait remarquer Anne. Ils se montrent notamment passionnés par les ateliers transdisciplinaires mêlant art et environnement. «Ce ne sont pas des gens timides, ils prennent la parole, ils s'affirment et prennent position sur des sujets controversés. Souvent je me dis qu'à leur âge je n'étais pas comme ça !», poursuit-elle.

L’objectif du colloque est de leur donner un maximum d'outils pour qu'ils repartent dans leurs écoles avec de nouveaux projets, de nouvelles idées. Occupés par leurs études, ils n'ont pas toujours le temps de s'ouvrir à des initiatives innovantes. «On veut aussi leur montrer que des projets sont faisables, que ce n'est pas super compliqué et qu'ils peuvent arriver à les mener». Le colloque est aussi un lieu de réseautage où les jeunes d'écoles différentes pourront échanger sur leurs pratiques. L’évènement leur permet enfin de souffler et pour Anne, c'est peut être son plus grand intérêt : leur donner les moyens de retrouver leurs motivations.

Car si leurs convictions sont fortes, ils se sentent parfois isolés, marginaux face aux autres. «Ils voient bien que ce qui les motive n'intéresse pas forcément tout le monde. Ils sont parfois perçus comme une bande de hippies».

Ils doivent se sentir valorisés, acteurs de leur apprentissage, et doivent travailler sur des problématiques familières et locales, plus susceptibles de les interpeller, explique-t-elle. Deux idées adoptées par les organisateurs de La Bise d'automne, qui proposent des activités impliquant les jeunes et leur donnant des clés pour des projets locaux. Cette année par exemple, la conception d'étampes et les projets d'agriculture urbaine étaient au programme.