Des têtards fluorescents aux micro-organismes qui traitent les boues municipales, des plantes qui décontaminent les sols en passant par de nouveaux «bio-désodorisants» aux huiles essentielles, le salon international des technologies environnementales –Americana 2013–  est une vitrine des avancées technologiques pour un avenir plus vert.

La 10e édition d’Americana rassemblait cette semaine au Palais des congrès de Montréal plus de 10 000 personnes de 50 pays et de tous les secteurs, avec 200 conférences scientifiques et présentations d’acteurs dans le milieu (municipalités, ministères, universités, etc), 650 rencontre d’affaires et 350 exposants pour donner une visibilité aux industries et OBNL du domaine de l’environnement. Finalement, «une occasion pour rassembler tout le monde, favoriser les échanges et travailler ensemble pour ce qui nous tient tous à cœur» affirme Stéphanie Myre, Directrice Générale du Réseau Environnement, organisme québécois en charge d’organiser l’événement.

Voici quelques innovations biologiques et environnementales, certaines plus farfelues que d’autres, qui ont retenues mon attention:

● Les têtards sont des organismes fragiles qui sont un bon indicateur de la santé d’un écosystème. Si un marais est contaminé, le têtard aura plus de chance d’être affecté que d’autres organismes matures. La compagnie française WatchFrog a donc décidé de se servir de têtard de laboratoire pour analyser des échantillons d’eau et détecter des micropolluants difficile à détecter autrement. Les têtards deviennent verts fluorescents sous la présence de ces micropolluants. Cette méthode de laboratoire seulement (les échantillons d’eau sont apportés au laboratoire et non le contraire) permettrait d’analyser l’impact hormonal qu’ont certains polluants sur les organismes vivants. Original et efficace, n’est-ce pas? Mais il y a place au débat au sujet des organismes génétiquement modifiés.

● Il est maintenant possible de construire un écocentre comme un modèle bloc LEGO! La compagnie Modulo-béton bâtit un écocentre qu’en 2 jours, avec des assemblages préfabriqués qui s’emboîtent l'un dans l’autre. Cette innovation réduit les transports nécessaires dans la construction d’un bâtiment et par le fait même les émissions de gaz à effets de serre.

● Avec Enerkem, 100 000 tonnes de déchets non-recyclables sont transformés chaque année en 38 millions de litre de biocarburants pour les voitures! Un processus thermochimique transforme les matières résiduelles en Éthanol. Le tout débute avec une gasification, soit la conversion des résidus riches en carbone en gaz synthétiques (ici, le monoxyde de carbone –CO et l’hydrogène –H2), pour ensuite épurer et séparer ces gaz avant de les transformer en biocarburant. Cette technologie permet de désengorger nos sites d’enfouissement et de valoriser nos déchets en une nouvelle source d’énergie.

● Les matières résiduelles demeurent d’actualité car elles représentent toujours un défi environnemental de taille. Il existerait un nouveau moyen de faciliter le tri pour les municipalités autant que pour les citoyens qui gèrent tous leurs «bacs» –pour les déchets, le compost et le recyclage, pas facile en vivant dans un appartement! L’entreprise Québécoise SpiralTrans basée à Saint-André-de-Kamouraska développe un système de tri des matières avec la couleur des sacs (voir la photo avec un clic sur la 1ere photo plus haut). Le citoyen n’a donc plus qu’un seul bac, mais avec des sacs de différentes couleurs à l’intérieur qui sont triés automatiquement par un œil optique une fois au centre de tri. Plus qu’un seul camion nécessaire pour faire la collecte! En Europe, cette méthode a permis d’augmenter de 20% le taux de recyclage, surtout dans les immeubles multi-logements.

● Et pour terminer, les graminées sont devenues les «Superman» du monde végétale. Ces plantes indigènes du Québec peuvent décontaminer un sol en absorbant certains polluants par leurs racines –c’est la phytorémédiation. L’entreprise Horizon Environnement au Nord de Trois-Rivières affirme que les graminées sont très efficaces pour éliminer les HAPs (Hydrocarbures aromatiques polycycliques), un polluant toxique provenant de la combustion à haute température de la matière organique, comme le carburant dans les voitures. Un sol contenant des HAPs peut être revenu presqu’à neuf en 3 ans. Cette méthode évite d’envoyer des sols contaminés à l’incinérateur et d'émettre les gaz à effet de serre qui en découleraient.

Finalement, c'est encourageant de voir qu'on ne baisse pas les bras et que ces exemples ne sont que quelqu'uns parmi tant d'autres pour mieux utiliser la technologie au service de l'environnemnet pour toujours réduire davantage l'impact de l'humain sur son environnement!