Indéniablement magnifiques d’un seul point de vue artistique, de voir de telles images, ça vous fait quoi ?

Par Charles-Édouard Carrier, infirmier, gestionnaire et blogueur à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas.

L’Anglais Dan Marbaix entretient une passion pour la photographie de lieux désaffectés, interdits ou abandonnés. Ce que l’on appelle aussi l’exploration urbaine ou urbex. Récemment, le talentueux photographe publiait une série photo mettant en vedette des asiles abandonnés. On ne parle pas de jardins fleuris et de patients souriants : on y montre des lieux de décrépitude avancée avec des mises en scène à glacer le sang. Mauvaise presse pour la santé mentale ?

Travaillant pour le compte de Odins Ravens Photography, Marbaix a fait le tour du monde pour visiter les asiles oubliés les plus impressionnants. Plusieurs présentent encore d’importantes traces du passé : pièces aménagées, mobilier encore en place, photos sur les murs, c’est à croire que des patients y vivent encore. Ce qui ressort de chacun de clichés, ça reste l’épouvante.

Les soins de santé mentale, tout comme les soins de santé physique, ont bien évolué, malgré un passé pas toujours glorieux. Un travail incroyable a été fait pour créer aujourd’hui des environnements de vie adaptés, lumineux, stimulants et agréables pour les patients et les travailleurs.

Indéniablement magnifiques d’un seul point de vue artistique, de voir de telles images, ça vous fait quoi ? On devrait être fier du chemin parcouru en constatant comment les soins étaient dispensés jadis ou s’inquiéter du fait que la circulation de telles images risque d’entretenir les stigmas que plusieurs ont encore face aux établissements en santé mentale ?