Le milieu scolaire est souvent le premier pointé du doigt lorsqu’un jeune décide de décrocher. Et si le milieu familial avait autant, sinon plus, d’importance dans la vie des élèves pour les inciter à demeurer sur les bancs d’école?

«Je n’ai jamais aimé le mot “décrochage”. Pour moi, il s’agit plutôt de jeunes qui n’ont jamais accroché», lance Germain Duclos, psychoéducateur et orthopédagogue à la retraite.

Lors de la troisième édition des Grandes rencontres sur la persévérance scolaire qui a eu lieu à Montréal du 4 au 6 novembre 2013, l’un des panels s’est attardé à la place des parents dans le parcours du jeune.

Les enfants singent leurs parents

Lors de leur passage de l’école primaire à l’école secondaire, les enfants arrivent avec un bulletin en poche. Ce n’est pas le cas lors de leur arrivée en maternelle. «Si on les évaluait à ce moment, certains jeunes seraient très faibles», souligne M. Duclos.

De la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans, le cerveau de l’enfant passerait de 20 % à 80 % de son poids adulte. C’est à ce moment que les parents peuvent avoir une grande influence sur l’autonomie, la curiosité, l’estime de soi et aussi, sur la motivation scolaire de leur progéniture.

Afin d’avoir une influence positive sur son enfant, il est important de lui servir de modèle. «Comment demander à votre enfant de faire quelque chose que vous ne faites pas vous-même?» questionne-t-il.

Les actions à entreprendre sont donc assez simples. Vous voulez que votre enfant lise un livre? Il doit vous voir en faire autant. Attention cependant: il est important d’avoir des attentes adaptées aux capacités de l’enfant.

Le rôle spécifique du père

Sans généraliser, il est reconnu que la mère est souvent plus impliquée que le père dans les devoirs et les activités scolaires des enfants. Heureusement, les papas tendent à s’impliquer de plus en plus et c’est tant mieux d’après Francine de Montigny, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la santé psychosociale des familles.

En effet, le père, biologique ou non, a un rôle spécifique à jouer à l’égard du développement et du bien-être psychologique de l’enfant, estime-t-elle.

À la naissance, la présence du père diminuera l’anxiété de la mère ce qui est bénéfique pour l’enfant. De plus, c’est surtout grâce au père que l’enfant aura une ouverture sur le monde.

«Qui enlève les petites roues du vélo, ou bien les flotteurs? Qui apprend à son enfant à perdre en jouant? Ce sont principalement les papas», explique Mme de Montigny.

Puisque les deux parents ont tendance à ne pas faire les choses de la même manière, impliquer le père lors des devoirs peut aider le jeune à découvrir différentes façons de faire, ajoute-t-elle.

«Même s’ils peuvent se sentir un peu maladroits, on doit convaincre les parents de l’importance de leur rôle en matière de réussite scolaire», conclut Germain Duclos. Plusieurs études ont d’ailleurs déjà démontré l’influence du milieu familial sur la persévérance des enfants à demeurer à l’école.

Par Marie-Eve Cloutier – Agence Science-Presse