Le déferlement d'informations combiné aux nombreuses décisions à prendre dans une journée peuvent vous faire péter les plombs, littéralement. Cette surcharge cognitive provoque une réaction dans le cerveau comparable aux fusibles électriques qui sautent! Un court-circuit capable soit de nous paralyser ou de nous faire prendre les décisions les plus stupides!

L'explication de ce processus mental n’est pas récente. Le terme information overload a été évoqué en 2011, à la suite notamment des travaux d’Angelika Dimoka, directrice du laboratoire Center for Neural Decision Making at Temple University. C'est plutôt un texte publié en janvier dernier dans le magazine Entrepreneur (hyperlien) qui a ramené le sujet dans l'actualité.

Surcharge cognitive: les fusibles sautent

L’auteur de l’article, Michael Vaughan, est un expert du leadership et dirige une multinationale spécialisée dans la formation des dirigeants d'entreprise. Son principal conseil aux décideurs? Limitez le flot d'informations à digérer et gardez le nombre de décisions à prendre au minimum chaque jour, pour réserver le maximum d'énergie aux décisions les plus importantes à prendre.

Le texte réfère ainsi aux travaux de la chercheuse, qui expliquent les limites de notre cerveau à traiter autant de données en même temps. Dans son étude, Angelika Dimoka a invité des volontaires à participer à une enchère combinatoire, un exercice d'analyse particulièrement complexe. Chaque joueur devait considérer l'achat unitaire ou groupé de 100 lots d'atterrissage à l'aéroport de Los Angeles. Les participants devaient aussi tenir compte d'une quantité impressionnante de données à analyser dans le but d'acheter la meilleure combinaison d'options au plus bas prix possible.

Plus l'expérience progressait, plus la quantité d'informations à traiter augmentait. À la fin de l’exercice, les participants accumulaient les mauvais achats, les payaient trop cher, bref, multipliaient les erreurs de jugement.

On a mesuré l'activité cérébrale des participants grâce à l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Le traitement de l'information était lié au cortex préfrontal dorsolatéral, la région du cerveau aux commandes du processus décisionnel et le contrôle des émotions. Plus les expérimentateurs augmentaient la quantité de données à traiter, plus l'activité du cortex préfrontal dorsolatéral s'emballait, au point de devenir hors service, comme un fusible qui saute. Le cerveau ainsi paralysé, il devient incapable de faire un choix judicieux et réfléchi. Malheureusement, ces résultats concernent autant les dirigeants d'entreprise que vous et moi. Heureusement, des solutions existent.

Simplicité volontaire 2.0

Notre cerveau est branché en continu aux courriels et aux réseaux sociaux. La tendance n'ira pas en diminuant, bien au contraire. Sachant cela, il est donc possible d'éviter la surcharge cognitive.

À commencer par restreindre le nombre de décisions ou de choix à faire quotidiennement. Le conseil s’applique particulièrement aux jours où vous avez des décisions importantes à prendre.

Fuyez le mode multitâche. Focalisez votre attention sur l’affaire en cours. La perte de concentration nécessaire pour passer d’une tâche à l’autre demande beaucoup d’énergie. Pire, le cerveau est incapable de traiter plus de deux tâches complexes en même temps.

Par exemple, prévoyez des plages horaires réservées à la visite de Facebook ou Twitter. On peut aussi traiter les courriels en lot, à certains moments déterminés durant la journée.